Paris dénonce les propos "diffamatoires" du chanteur Salif Keita qui accuse la France de financer les terroristes au Mali

L'artiste malien de renommée mondiale met en cause Paris et ses liens supposés avec le terrorisme au Mali.

Le chanteur malien Salif Keita
Le chanteur malien Salif Keita (BERTRAND GUAY / AFP)

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, l’ambassade de France au Mali a réagi à la déclaration récente de Salif Keita. L'artiste fait assumer à la France la responsabilité de la poursuite de la guerre au Mali. 

Un appel à la responsabilité

Le communiqué publié le 15 novembre exprime d’abord l'étonnement face aux propos de l'artiste malien diffusés la veille sur ce même réseau social. Paris dénonce "avec la plus grande fermeté" des propos au caractère "infondé, diffamatoire et outrancier". L'Ambassade de France au Mali insiste notamment sur la nécessité de contrôler la véracité des informations circulant sur la place publique.

De tels discours font le jeu de ceux qui cherchent à semer la discorde et entretenir le chaos. Ils sont également une offense à la mémoire des civils et militaires, maliens, français et internationaux, victimes de la barbarie terroriste au MaliAmbassade de France au MaliCommuniqué sur Facebook

Les accusations de Keita

La vidéo de près de quatre minutes diffusée sur Facebook live (en direct) par l’artiste malien est adressée au président Ibrahim Boubakar Keïta. En bambara (la langue locale), le chanteur Salif Keita lui demande de ne plus obéir à son homologue français Emmanuel Macron et accuse la France de financer les jihadistes.

Si tu as peur de dire la vérité à la France, (…) quitte le pouvoir, celui qui n'a pas peur le prendra, tu passes ton temps à te soumettre à ce petit Emmanuel Macron, c'est un gamin. (…) Tu n'es pas au courant que c'est la France qui finance nos ennemis contre nos enfants ?Salif Keita, artiste malien Message sur Facebook

Dans la vidéo, qui a comptabilisé à ce jour plus de 500 000 vues, Salif Keita appuie d'une manière simpliste là où ça fait mal. Il dénonce "la poursuite de la guerre"  au Mali. Son message intervient alors que la situation sécuritaire se dégrade dans le nord notamment, où les attaques jihadistes ont fait des dizaines de morts dans les rangs de l'armée malienne. 

Depuis plusieurs semaines, des voix s’élèvent pour réclamer le départ des forces de la Mission de maintien de la paix des Nations unies (Minusma) et du dispositif militaire français Barkhane, jugés incapables de faire face aux terroristes.