#Mansinach (Nous n'avons pas oublié) : les Algériens se souviennent de la décennie noire sur les réseaux sociaux

Très longtemps tus pour des raisons politiques ou personnelles, les mots se sont (enfin) posés sur les traumatismes des années 90. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Des voisins pleurent dans le village de Tipaza, à quelque 70 kilomètres au sud-ouest d’Alger, le 13 mars 2001, après un massacre. (HZ / AFP)

Décennie noire ou rouge sang ? La guerre civile a fait, selon plusieurs sources, environ 200 000 morts en Algérie. Les attentats, ciblés ou "aveugles", n'ont épargné personne. A la mémoire, les autorités algériennes avaient imposé l'oubli au nom de la "concorde civile". La soupape a fini par exploser, car comment pardonner sans justice. Le hashtag (mot-dièse) #Mansinach (Nous n'avons pas oublié) a permis aux Algériens de se souvenir de cette période traumatique, avec émotion et humour...

Et la parole s'est libérée. Des souvenirs poignants, émouvants ont afflué. L'écrivaine Kaouther Adimi narre, avec une verve littéraire inspirée, un épisode qui l'avait marquée lors d'un faux barrage (un point de contrôle routier tenu par des terroristes en lieu et place des forces de l'ordre). Un thread (fil) à lire dans son intégralité.

Le journaliste Akram Kharief, spécialisé dans l'information sécuritaire et militaire, évoque ses souvenirs personnels et pose aussi les bases de cette sommation à l'oubli. Posts à lire dans leur intégralité, aussi.

Les petites histoires rejoignent la grande, avec une majuscule. Dire l'indicible, partager l'intime et découvrir qu'on n'est pas seul dans cet océan de douleurs muettes. Muettes, elles l'ont été. Tues, serait plus juste. Le temps du deuil, de l'acceptation. Le temps de dire.

Le silence s'est tranformé en torrent de témoignages. Dire, dire, dire... Des mots sur les maux, des verbes pour conjurer l'oubli, des phrases pour exprimer ce qui a été longtemps ostracisé. Déchirer le voile...

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