Guinée : pour combattre Ebola, le plus dur est de convaincre les populations de se faire vacciner

La Guinée a reçu 11 000 doses de vaccin pour lutter contre la résurgence de la maladie. Mais les autorités se heurtent aux réticences de la population à se faire vacciner.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Un habitant de Gueckedou, en Guinée, reçoit une injection du vaccin anti-Ebola, le 23 février 2021. (CAROL VALADE / AFP)

C'est le premier jour de vaccination en Guinée. Et dans la commune de Gouécké, là où est réapparu le virus Ebola, le lancement de la campagne est aussi une opération de communication. Alors, le préfet et le sous-préfet de Gouécké ont donné de leur personne. Ils ont reçu le vaccin "pour montrer l'exemple".

Le ministre de la Santé de Guinée, le général Rémy Lamah, était également présent. Il espère venir rapidement à bout d'Ebola. "Je pense qu'en six semaines, on peut en avoir terminé avec cette maladie", a-t-il confié à l'AFP lors du lancement de la campagne de vaccination. Mais dans le même temps, il admet qu'il est difficile de convaincre les populations, réticentes à se faire vacciner. Le général Lamah a dû parlementer toute la journée avec les chefs locaux pour lever leurs doutes. Aussi, lors de la cérémonie, il a haussé le ton, dénonçant les "mauvaises personnes" qui refusent le vaccin.

Les autorités religieuses ont également été mises à contribution. Un imam et un pasteur ont pris la parole pour inciter les habitants à se faire vacciner. Et il y a urgence.

Car depuis la mort de l'infirmière à Gouéké le 13 février, qui marque la résurgence de la maladie, les cas se multiplient. Il y aurait désormais huit morts. Selon un recensement, 385 personnes ont été en contact avec l'infirmière décédée ou son entourage. Ce sont ces personnes qu'il faut prioriser et convaincre de se faire vacciner.

Gestes barrières

Une autre des priorités est de convaincre l'entourage des défunts, morts de la fièvre Ebola, d'abandonner des rites funéraires qui favorisent la transmission du virus. Laver le corps, le toucher ou l'embrasser sont à proscrire. "Une seule inhumation pouvant infecter jusqu'à 70 personnes", selon Amanda McCelland, experte en santé auprès de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge (FICR).

Pourtant, dans la province du Kivu en RDC, où le virus est également réapparu, les habitants toujours dans le déni, refusent de se plier aux injonctions sanitaires."Certaines familles refusent catégoriquement que leurs habitations soient désinfectées tout comme des enterrements dignes et sécurisés", explique à l'AFP Eugène Syalita, ministre provincial de la Santé du Nord-Kivu.

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