Egypte : deux ans de prison pour cinq influenceuses sur TikTok pour "atteinte aux bonnes mœurs"

L'Egypte a imposé ces dernières années un contrôle strict sur internet et surveille les comptes personnels des médias sociaux avec plus de 5 000 abonnés.

Le Caire, en Egypte, le 14 mars 2020.
Le Caire, en Egypte, le 14 mars 2020. (ZIAD AHMED / NURPHOTO)

Un tribunal du Caire a condamné, lundi 27 juillet, à deux ans de prison cinq influenceuses égyptiennes sur les réseaux sociaux reconnues coupables d'atteinte aux bonnes mœurs. Le verdict a été prononcé contre Mawada al-Adham, Haneen Hossam et trois autres jeunes femmes, après qu'elles ont publié des vidéos sur le réseau social TikTok, jugées immorales par les autorités du pays conservateur. Toutes sont en état d'arrestation. Outre les deux ans de prison, elles doivent payer chacune une amende de 300 000 livres égyptiennes (près de 16 000 euros). Elles peuvent faire appel du verdict. "Le verdict est choquant, mais on s'y attendait. Nous verrons ce qui se passera en appel", a déclaré Intissar al-Saeed, avocate qui défend certaines des plaignantes.

Influenceuses sous surveillance

Haneen Hossam et Mawada al-Adham, arrêtées respectivement en avril et mai, font partie d'une dizaine d'influenceuses prises pour cible ces derniers mois. La première a 1,3 million d'abonnés sur TikTok et la seconde 2 millions. Haneen Hossam avait publié une vidéo dans laquelle elle assurait à ses abonnés que les filles pouvaient "se faire de l'argent en travaillant avec elle". Son message a été interprété comme une promotion de la prostitution. Un appel qui avait suscité une grande polémique sur les réseaux sociaux. Mawada al-Adham avait principalement publié des vidéos parodiques de chansons populaires.

L'arrestation des influenceurs montre à quel point une société profondément conservatrice et religieuse est aux prises avec l'essor rapide des technologies de communication modernesTarek al-Awadi, avocatà l'AFP

L'Egypte a imposé ces dernières années un contrôle strict sur internet par le biais de lois permettant aux autorités de bloquer les sites internet considérés comme une menace pour la sécurité nationale et de surveiller les comptes personnels des médias sociaux avec plus de 5 000 abonnés. Le taux de pénétration d'internet est de plus de 40% parmi les 100 millions d'habitants du pays.