Covid-19 : les pays africains s'activent pour réduire leur dépendance en matière de vaccins

L'Afrique a reçu "moins de 2% des 690 millions de doses" de vaccins anti-Covid injectées dans le monde. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Une femme reçoit le 15 mars 2021 une injection dans le cadre de la campagne de vaccination contre le Covid-19 à Kigali, la capitale rwandaise.  (LATIN AMERICA NEWS AGENCY)

Les Etats africains cherchent des solutions pour sécuriser leur approvisionnement en vaccins. Une urgence ravivée par la pandémie de coronavirus. A l'initiative de l'Union africaine, un sommet virtuel de deux jours a démarré le 12 avril 2021. Il intervient quelques semaines après que l'initiative Covax, qui a permis à la plupart des pays africains de commencer leur campagne vaccinale contre le Covid-19, a annoncé le 25 mars 2021 des retards de livraison en mars et en avril. Une énième déconvenue pour un continent qui peine à vacciner ses populations contre le Sars-Cov-2. 

Covax a indiqué que ces retards étaient dus aux difficultés de l'Inde "à lutter contre une nouvelle vague d'infections". Le pays, qui a suspendu ses exportations de vaccins pour se concentrer sur sa propre immunisation, abrite le Serum Institute of India, le fabricant "pour les économies à faible revenu participant à la Facilité Covax" des doses Astra Zeneca qui représentent la majorité des dotations.  

Peu de doses dans une dizaine de pays

Faute de ressources financières et technologiques, l'Afrique est aujourd'hui la moins bien lotie en matière de vaccination contre le Covid-19. Selon le bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), "moins de 2% des 690 millions de doses de vaccin administrées jusqu’à présent à l’échelle mondiale l’ont été en Afrique, où la majorité des pays ont reçu les vaccins il y a seulement cinq semaines et en petites quantités".

Dans le cadre de Covax, le tiers des territoires approvisionnés se trouvent sur le continent : 32 pays africains sur une centaine, rapportent les Nations unies. Ils ont réceptionné "16,6 millions doses de vaccin", en majorité celui produit par AstraZeneca. "Quarante-cinq pays africains ont reçu des vaccins, 43 d’entre eux ont commencé les vaccinations et près de 13 millions des 31,6 millions de doses livrées à ce jour ont été administrées. Le rythme du déploiement des vaccins n’est cependant pas uniforme, 93% des doses ayant été administrées dans 10 pays", précise encore l'OMS. 

"L’Afrique a déjà un écart à rattraper en matière de vaccination et cet écart ne cesse de se creuser."

Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l'Afrique le 8 avril 2021

Une dépendance à 99%

Au démarrage du sommet sur la production de vaccins en Afrique plus globalement, les dirigeants africains ont exprimé une forte volonté politique, saluée par l'OMS, pour répondre eux-mêmes à une partie de leurs besoins. Selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) qui dépend de l'Union africaine, 99% des doses de vaccin utilisées en Afrique sont importées. Le reste est fabriqué sur le continent, soit environ 12 millions de doses. 

D'ici à 2040, l'Africa CDC ambitionne de ramener ce chiffre à environ 40%. La révolution n'est donc pas pour tout de suite, mais les responsables africains se veulent confiants. A l'instar du président sud-africain Cyril Ramaphosa qui dénonce depuis des mois les disparités dont souffre le continent dans le cadre de la vaccination contre le Covid. "La perspective d'une forte capacité de production (en Afrique) de fournitures médicales et de vaccins répondant efficacement aux besoins sanitaires de la population africaine est audacieuse et ambitieuse, mais elle est réalisable", a-t-il déclaré le 12 avril. Ce dernier compte, entre autres, sur l'expertise médicale disponible sur le continent et le partage d'expériences de pays comme l'Inde et le Brésil qui ont développé, avec succès, une industrie pharmaceutique du générique.

Pour l'heure, les autorités sud-africaines ont indiqué en mars qu'elles benéficieraient de quelque 30 millions de doses du vaccin Johnson & Johnson fabriquées sur leur territoire par le sud-africain Aspen Pharmacare. L'entreprise en exporterait, selon le président Cyril Ramaphosa, 220 millions d'autres à travers le continent, rapporte la SABC, le média public sud-africain. L'Algérie compte également lancer en septembre 2021 la production du vaccin russe Spoutnik V. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.