Coronavirus : couvre-feu de 18h à 6h en Tunisie

Les forces de sécurité ont reçu l'ordre de patrouiller sur tout le territoire dès le 18 mars 2020. 

Désinfection d\'une banque à Tunis, le 17 mars 2020. 
Désinfection d'une banque à Tunis, le 17 mars 2020.  (YASSINE GAIDI / ANADOLU AGENCY)

Le président tunisien Kaïs Saïed a annoncé le 17 mars 2020 un couvre-feu de 18 heures à 6 heures du matin afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus.

Les forces de sécurité ont reçu l'ordre de patrouiller sur tout le territoire à partir du 18 mars, a indiqué Kaïs Saïed dans son premier discours à la nation depuis l'identification du premier malade en Tunisie le 2 mars (vidéo en arabe ci-dessous). Depuis, 27 malades ont été identifiés, en majorité venus de France et d'Italie, et aucun décès n'a été officiellement répertorié. 

Respect des consignes

Kaïs Saïed a demandé aux Tunisiens de respecter les consignes, après l'annonce, ces derniers jours, de la fermeture des écoles, mosquées, hammams, tribunaux, et de l'interdiction des fêtes et évènements sportifs. Les cafés et restaurants ferment à 16 heures depuis quelques jours. Depuis, les rues sont peu fréquentées le soir.

Les frontières terrestres, maritimes et aériennes sont fermées depuis le 18 mars et jusqu'au 4 avril au moins, à l'exception de transports commerciaux et de vols spéciaux pour ramener les milliers de touristes et voyageurs bloqués dans le pays.

Conséquences économiques dramatiques

"L'Etat tunisien demande aux institutions internationales de se montrer compréhensives", a déclaré Kaïs Saïed dans son discours, soulignant les conséquences économiques dramatiques de la crise sanitaire en cours.

Il a en outre appelé le Parlement à lancer des projets de loi afin d'amortir l'impact de cette crise, par exemple en rééchelonnant la dette des entreprises affectées. "Le pouvoir législatif est appelé à agir et mettre en place les textes de loi permettant le dédommagement des entreprises affectées par cette situation à travers certaines mesures", affirme le président tunisien. 

Solidarité

"La solidarité ne doit pas être un slogan mais une pratique", a-t-il souligné, annonçant qu'il verserait la moitié de son salaire en faveur de la lutte contre le Covid-2019.

Plus de neuf ans après la révolution qui a chassé la dictature en Tunisie, le pays, qui peine déjà à répondre aux attentes sociales de sa population frappée par une inflation et un chômage persistants, s'est appuyé sur des bailleurs de fonds internationaux. Un programme du Fonds monétaire international sur quatre ans, prévoyant une aide en contrepartie de profondes réformes, s'achève au printemps sans que la totalité des fonds prévus n'aient pu être débloqués.