Burkina Faso : une attaque contre un temple protestant fait 14 morts dont de nombreux enfants

C'est le bilan de l'attaque contre un temple protestant attribuée à des jihadistes dans l'est du Burkina, le 1er décembre.

Début de reconstruction d\'une église évangélique détruite lors de manifestations contre les dessins satiriques du journal \"Charlie Hebdo\". Photo prise à Niamey, capitale du Niger, le 23 janvier 2015.  
Début de reconstruction d'une église évangélique détruite lors de manifestations contre les dessins satiriques du journal "Charlie Hebdo". Photo prise à Niamey, capitale du Niger, le 23 janvier 2015.   (JOE PENNEY / X02952)

Quatorze fidèles d’une petite église protestante, dont des enfants, ont été tués le 1er décembre 2019 lors d'une attaque à Hantoukoura, dans l'est du Burkina Faso, à la frontière avec le Niger. Une région qui a enregistré plusieurs attaques jihadistes ces derniers mois contre des lieux de culte. Cette attaque, qui a également fait de nombreux blessés, a été perpétrée par une "dizaine d'individus lourdement armés" arrivés à moto, qui "ont exécuté froidement les fidèles, dont le pasteur de l'église et des enfants", a précisé une source sécuritaire.

Toutes les victimes sont de sexe masculin

"Les victimes sont toutes de sexe masculin et beaucoup sont des enfants, dont l'âge varie entre 12 et 16 ans. Ils avaient sans doute accompagné les femmes ou leurs mères qui ont été épargnées par les terroristes", a affirmé à l'AFP la même source.

"Nous n'avons pas toutes les informations, mais le peu qu'on peut dire c'est qu'il s'agit d'une petite église, une église naissante qui n'avait pas plus de 20 membres. Ceux qui ont été froidement abattus, ce sont des enfants de 10, 12, 14 ans. Les femmes ont été épargnées", a déclaré le pasteur Henri Yé, président de la Fédération des Eglises et missions évangéliques.

Les églises systématiquement visées par les jihadistes

Le 26 mai 2019, quatre fidèles avaient été tués lors d'une attaque contre une église catholique à Toulfé, localité du nord du pays. Le 13 mai, quatre catholiques avaient été tués lors d'une procession religieuse en honneur de la Vierge Marie à Zimtenga, toujours dans le Nord. La veille, six personnes dont un prêtre, avaient été tuées lors d'une attaque pendant la messe dans une église catholique à Dablo, une commune de la province du Sanmatenga, également dans le nord du pays.


Le 29 avril 2019, six personnes avaient été tuées dans l'attaque de l'église protestante de Silgadji, dans le nord. A la mi-mars, l'abbé Joël Yougbaré, curé de Djibo (nord), avait été enlevé par des individus armés.  Le 15 février, le père César Fernandez, missionnaire salésien d'origine espagnole, avait été tué dans le centre du pays.

Au total, les attaques attribuées à une douzaine de groupes jihadistes, dont Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans et l'organisation Etat islamique au grand Sahara, ont fait près de 700 morts depuis début 2015, selon un comptage de l'AFP et environ 500 000 déplacés internes et réfugiés, selon l'ONU.