"Un beau parcours usant" : le Tour cycliste du Rwanda passe à la vitesse supérieure

Le départ du Tour du Rwanda est donné dimanche, avec la participation de plusieurs équipes françaises, pour une version réhaussée par les instances internationales. 

Le départ du Tour du Rwanda cycliste donné le 24 février 2019 à Kigali. 
Le départ du Tour du Rwanda cycliste donné le 24 février 2019 à Kigali.  (JEROME VAL / RADIO FRANCE)

"C’est vraiment un parcours sélectif", se réjouit à Kigali Andy Flickinger, directeur sportif de l’équipe Delko Marseille Provence. Son équipe est au départ, dimanche 24 février, du Tour cycliste du Rwanda. Une épreuve remarquée par la fédération internationale qui l'a réévaluée en course 2.1, juste derrière les stars mondiales comme le Tour de France.

Le Tour du Rwanda gagne l'intérêt d'équipes françaises - un reportage de Jérôme Val à Kigali
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"En plus on est un peu en altitude, donc ça va jouer sur les organismes. Ça va être un beau parcours usant, poursuit Andy Flickinger. C’est vrai que les Africains sont un peu avantagés par rapport à nous, mais on va essayer de donner le meilleur." Les difficultés de l'épreuve la plus cotée d’Afrique, désormais prisée par les formations européennes, lui plaisent. Dans ce petit pays d'Afrique, qui compte environ 13 millions d'habitants, les coureurs verront des décors majestueux et feront des efforts monstrueux. Le Tour du Rwanda, c’est un peu moins de 1 000 kilomètres en huit jours, mais les 78 participants vont avaler un dénivelé total de 19 kilomètres et grimper 37 côtes, dont le fameux "mur de Kigali", une partie pavée de la capitale, avec son pourcentage de 14% en moyenne.

Un format intéressant pour les jeunes

Avec le changement de catégorie du Tour, beaucoup plus d’équipes de renom peuvent s’aligner au départ. Astana, l’équipe kazakhe habituée du Tour de France, est présente, ainsi que deux formations françaises professionnelles, Direct énergie et Delko Marseille Provence. Et pour la première fois, une équipe nationale française des moins de 23 ans a rejoint le Rwanda. Pour son responsable, Pierre-Yves Chatelon, cette course à étapes est idéale pour le début de saison. "Les jeunes espoirs ont peu l’habitude de disputer des épreuves de longue haleine de la sorte. En général ce sont plus des épreuves de trois à six jours, explique-t-il. Ce format est intéressant en début de saison pour préparer les échéances à suivre. On le prend un peu comme un stage de préparation, mais avec malgré tout des objectifs sportifs de résultats."     

La course n'oubliera pas ses débuts

Le Tour du Rwanda a d’abord été une course régionale à sa création, en 1988. Interrompue dans les années 1990 en raison du génocide, l’épreuve s’est peu à peu imposée dans le paysage sportif africain avant d’être labellisée par la fédération internationale il y a dix ans. Depuis sa création, la très grande majorité des vainqueurs sont rwandais. Et malgré l’arrivée de coureurs européens en masse, il faut garder ces racines africaines, explique le coordinateur général de la course, Olivier Grandjean. "À la base, c’est un tour africain, donc fait pour que les coureurs africains se mettent en valeur, dit-il. Si on peut avoir plus d’équipes professionnelles, on le fera, mais on gardera toujours une proportion d’équipes africaines et de coureurs africains. C’est très important pour nous."   

Ce tour est aussi une réussite populaire. Le Rwanda veut faire du vélo un axe majeur de sa politique sportive. Ce pays devrait d’ailleurs se porter candidat pour organiser les championnats du monde sur route en 2025.