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L'éruption du Nyiragongo rappelle que l’Afrique est aussi terre de volcans

Pas moins de 182 volcans en activité sont recensés sur le continent africain. Ils sont essentiellement concentrés le long du rift est-africain.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Le volcan Nyiragongo en République démocratique du Congo vu depuis le lac Kivu. (PABLO PORCIUNCULA / AFP)

C'est sûrement la photo la plus emblématique de l'Afrique. Majestueux, le Kilimandjaro s'élève au-dessus de la savane, comme pour rappeler que le continent est terre de volcans. Selon le site Volcano discovery, il y a 182 volcans en activité en Afrique et cela ne doit rien au hasard. Leur grande majorité se situe dans l'Est africain, sur la fameuse zone du rift. Cette déchirure qui produira, à coup sûr selon les spécialistes, la séparation d'une partie du continent.

"Les géologues pensent que si la propagation et l'expansion continue, les trois plaques qui se rencontrent en bordure du continent Africain actuel se sépareront complètement ; ce qui permettrait à l'océan Indien de s'étendre et d'inonder la zone, faisant du coin oriental de l'Afrique (la Corne de l'Afrique) une grande île", explique le site.

Le mont Kilimandjaro vu depuis le parc national d'Amboseli au Kenya. La plus haute montagne d'Afrique est composée de trois volcans aujourd'hui éteints. (FINBARR O'REILLY / X90055)

Ainsi, la ligne des volcans s'étend du Kilimandjaro au sud-ouest, point culminant de l'Afrique (5 891,8 mètres d'altitude), jusqu'aux terres arides du nord-est de la Corne de l'Afrique, comme autant de bornes délimitant l'inévitable rupture du continent.

77 volcans en Ethiopie

Attention cependant, les termes sont trompeurs. Activité ne signifie pas que la lave s'écoule du cratère. Un volcan est considéré comme actif s'il est entré en éruption au cours de l'holocène, soit il y a 10 000 ans environ. Bien loin de l'échelle humaine certes, mais cela reste un signe de sa dangerosité potentielle.

Le site de Dallol, dans le désert du Danakil, en Ethiopie. Une zone unique au monde où l'eau et le feu se rencontrent et forment d'étranges concrétions de soufre, de soude ou encore de sel. (BOURSEILLER PHILIPPE / HEMIS.FR / HEMIS.FR)

A elle seule, l'Ethiopie compte 77 volcans actifs, ce qui en fait le secteur le plus volcanique du continent. Pour autant, ce n'est pas le pays le plus menacé car ils sont situés dans des zones désertiques. Le plus connu est l'Erta Ale qui est en éruption continuelle depuis 1967 et qui possède un lac de lave dans son cratère. Ce qui en fait une destination très prisée des voyageurs.

Coulées de lave ultra rapides

Le Nyiragongo, aujourd'hui en éruption en RDC, est de loin le plus actif et classé comme le plus menaçant des volcans africains. Le Nyiragongo et son voisin le Nyamuragira sont responsables de près d’une éruption sur cinq répertoriées en Afrique.

Par la nature de ses éruptions, des coulées de lave ultra rapides (certains parlent de 100 km/h), il pourrait en quelques heures raser la ville de Goma, la capitale du Nord-Kivu, qui s'étend à ses pieds. La ville et son million d'habitants.

Le 22 mai 2021, la coulée de lave du volcan Nyiragongo a traversé des villages dans la périphérie de Goma. (ENOCH DAVID / X04130)

Mais la dangerosité des volcans est aussi plus perverse. En 1986, une éruption sous le lac de Nyos au nord du Cameroun a fait plus de 1 700 morts. L’éruption non visible a fait remonter à la surface du lac environ 100 000 à 300 000 tonnes de dioxyde de carbone. Le nuage de gaz s'est d'abord élevé à près de 100 km/h avant de retomber sur les villages voisins, étouffant personnes et animaux jusqu'à 25 km du lac. Les spécialistes appellent cela une éruption limnique, invisible et donc particulièrement meurtrière.

Gaz toxiques

Le même scénario pourrait se produire au lac Kivu qui borde la ville de Goma, ce qui inquiète les scientifiques. De la lave du Nyiragongo se glisserait sous le lac, pouvant potentiellement interagir et libérer des quantités astronomiques de CO2. Un scénario catastrophe qui a poussé les autorités à faire évacuer la ville.

Les survivants ne seraient pas tirés d'affaire pour autant. Une étude a montré que les épidémies de choléra au bord du lac Kivu sont liées à l'activité du volcan. Il augmente la salinité et la température du lac par ses déjections, lave ou poussières et favorise ainsi le développement des bactéries du choléra dans les eaux du lac.

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