"Pour nous, c'est comme perdre un membre de la famille" : Sudan, le dernier mâle rhinocéros blanc, est mort

Elodie Sempéré travaillait aux côtés de l'animal depuis neuf ans dans la réserve d'Ol Pejeta. Elle témoigne de son émotion après la mort du mammifère.

Sudan, le 16 décembre 2009, est assis devant une boîte de transport dans un zoo de Dvur Kralove (République-Tchèque).
Sudan, le 16 décembre 2009, est assis devant une boîte de transport dans un zoo de Dvur Kralove (République-Tchèque). (MICHAL CIZEK / AFP)

Sudan, le dernier mâle rhinocéros blanc du Nord est mort de vieillesse à 45 ans, au Kenya, dimanche 18 mars. La survie de l'espèce est plus que jamais menacée, seule la science peut maintenant l'assurer alors que l'émotion est grande dans la réserve d'Ol Pejeta où vivait le mammifère. Elodie Sempéré travaillait aux côtés de l'animal depuis neuf ans. "On allait le voir toutes les semaines. Ma fille de 4 ans a grandi avec lui. Pour nous, c'est comme perdre un membre de la famille", raconte-t-elle, mardi 20 mars sur franceinfo.

"Braconnés jusqu'aux derniers"

S'il existe encore plusieurs milliers de rhinocéros blancs du Sud, dans les plaines d'Afrique sub-saharienne, il n'y a donc plus aucun mâle de l'espèce du Nord. Quand Sudan est né en 1973, il y avait environ 700 rhinocéros de sa sous-espèce. D'après Elodie Sempéré, il n'y a qu'un responsable à cette disparition : "Les humains." Les rhinocéros de cette espèce "ont été braconnés jusqu'aux derniers".

La science pourrait sauver l'espèce 

Sudan a eu une fille, Najin, 28 ans, et une petite fille, Fatu, 18 ans, qui sont les deux dernières représentantes de l'espèce. "On essaye de faire des fécondations in vitro pour essayer d'en avoir d'autre", explique Elodie Sempéré. "Sudan était trop vieux pour avoir des enfants, maintenant c'est la science qui va les sauver, si on y arrive", ajoute la soigneuse. Cette tâche ardue, car inédite pour des rhinocéros, est confiée à une équipe allemande spécialisée dans la fécondation in vitro des animaux.