Zimbabwe : quelques-unes des saillies de l'ancien président Robert Mugabe

Au cours de ses 37 ans au pouvoir, le président zimbabwéen, dont la mort a été annoncée le 6 septembre 2019, a multiplié les formules choc et provocatrices.

Robert Mugabe, alors président du Zimbabwe, en train de prononcer un discours lors de la 13e conférence annuelle de son parti à Gweru (250 km au sud-ouest de la capitale Harare), le 7 décembre 2012.
Robert Mugabe, alors président du Zimbabwe, en train de prononcer un discours lors de la 13e conférence annuelle de son parti à Gweru (250 km au sud-ouest de la capitale Harare), le 7 décembre 2012. (TSVANGIRAYI MUKWAZHI/AP/SIPA / SIPA)

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, alias "Comrade Bob" (Camarade Bob), dont la mort a été annoncée le 6 septembre 2019, a multiplié au cours de ses 37 années à la tête de l'Etat les formules choc et provocantes. Lesquelles ont autant déclenché l'indignation de ses détracteurs, que les applaudissements de ses partisans. Florilège.

"Je suis le Hitler de notre époque"

"Le fait que les Blancs nous aient opprimés hier, lorsqu'ils détenaient le pouvoir, ne pourra jamais justifier que les Noirs les oppriment aujourd'hui, parce qu'ils le détiennent." (1980, dans un discours prononcé après son arrivée au pouvoir). 

"Je suis le Hitler de notre époque. Cet Hitler n'a qu'un seul objectif, la justice pour son peuple, la souveraineté de son peuple, la reconnaissance de l'indépendance de son peuple et son droit à disposer de ses richesses. Si c'est cela être Hitler, eh bien laissez-moi dix fois être Hitler." (2003, à ceux qui dénoncent ses méthodes dictatoriales).

Le Zimbabwe m'appartient!" "Dieu seul qui m'a nommé peut me destituer, pas le MDC (parti d'opposition), pas les Britanniques (anciens colonisateurs).Robert MugabeEn décembre 2008, en réponse aux appels à sa démission

"Certains disent 'M. Mugabe est vieux, il devrait donc partir'... Non ! Quand l'heure sera venue, je vous le dirai." (2014, suite aux rumeurs sur son état de santé).


Robert Mugabe, alors président du Zimbabwe, prononce un discours le 29 juillet 2017 à Chinhoyi (120 km à l\'ouest de la capitale Harare). 
Robert Mugabe, alors président du Zimbabwe, prononce un discours le 29 juillet 2017 à Chinhoyi (120 km à l'ouest de la capitale Harare).  (TSVANGIRAYI MUKWAZHI/AP/SIPA / AP)

Les Blancs

"Vous êtes maintenant nos ennemis, parce que vous vous êtes vraiment comportés comme les ennemis du Zimbabwe. Nous sommes emplis de colère. Notre communauté entière est en colère et c'est la raison pour laquelle les anciens combattants saisissent les terres." (2000, lors du lancement de la réforme agraire).

"Qui a dit que les Britanniques et les Américains devaient diriger les autres ? (...) Nous n'avons pas invité ces foutus Blancs. Ils veulent mettre leur nez dans nos affaires. Refusez-le." (en 2009).

"Mandela (premier président noir de l'Afrique du Sud post-apartheid) est allé un peu trop loin en étant bon vis-à-vis des communautés non noires, parfois même aux dépens des (Noirs). C'est être trop saint, trop bon".Robert Mugabeen 2013

"Je ne veux pas voir de Blancs." (en 2015, devant un groupe de journalistes en Afrique du Sud).

Ses collègues

"Ce qui a détruit le socialisme dans l'ancienne URSS, et je le déplore, ce n'est pas la doctrine, mais une série d'autres facteurs dont le fait que Gorbatchev est un imbécile." (en 1997, en évoquant l'ancien président soviétique).

Rencontre entre l\'alors Premier ministre britannique Tony Blair et Robert Mugabe, alors président du Zimbabwe, à Edimbourg avant une réunion du Commonwealth le 24 octobre 1997
Rencontre entre l'alors Premier ministre britannique Tony Blair et Robert Mugabe, alors président du Zimbabwe, à Edimbourg avant une réunion du Commonwealth le 24 octobre 1997 (AFP - GERRY PENNY / POOL)

Les Britanniques ont été élevés comme un peuple violent, de menteurs, de scélérats et d'escrocs. (...) On me dit que (l'ex-Premier ministre Tony) Blair était un gamin turbulent à l'école. Donc on ne peut pas avoir un dialogue satisfaisant avec des gens pareilsRobert Mugabeen 2001

"Les deux démons du millénaire." (en 2005, à propos du président américain George W. Bush et de Tony Blair).

Les homosexuels

Ils sont "pires que des chiens ou des cochons (...) Ceux qui le font, eh bien nous dirons qu'ils sont entêtés (...) C'est de la pure folie, de l'insanité." (en 2010).

(Le président américain Barack) Obama est venu en Afrique en disant que l'Afrique devait autoriser les mariages homosexuels, et même que les femmes se marient entre elles. Dieu a détruit la Terre à cause de péchés comme ceux-ci. Les mariages se font entre un homme et une femme.Robert MugabeEn 2013, lors d'une réunion publique

"Que l'Europe garde son absurdité homosexuelle pour elle et qu'elle ne vienne pas ici avec." (en 2014, en menaçant d'expulsion les diplomates occidentaux plaidant pour les droits des homosexuels).

La religion 

Je suis d'accord avec vous, les grands propriétaires ont des cœurs de pierre, on croirait qu'ils sont juifs." (en 1992. Il expliquera plus tard qu'il ne visait pas les juifs, mais les Israéliens qui refusent d'accorder des terres aux Palestiniens).

Robert Mugabe et son épouse Grace à Harare le 10 février 2016
Robert Mugabe et son épouse Grace à Harare le 10 février 2016 (REUTERS - PHILIMON BULAWAYO / X02381)

Je suis mort plusieurs fois ! C'est là que j'ai battu le Christ. Le Christ est mort et ressuscité une seule fois. Je suis mort et ressuscité et je ne sais combien de fois je vais mourir et ressusciter!Robert Mugabeen 2012

L\'alors président du Zimbabwe Robert Mugabe prononce un discours radiodiffusée à Harare, capitale du pays, le 19 novembre 2017.
L'alors président du Zimbabwe Robert Mugabe prononce un discours radiodiffusée à Harare, capitale du pays, le 19 novembre 2017. (AP/SIPA / AP)