Paul-Henri Sandaogo Damiba, nouvel homme fort du Burkina Faso

Il dirigerait la junte militaire entouré d'hommes des forces spéciales. Cet officier supérieur est un homme de terrain aguerri à la lutte contre les jihadistes.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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La Une du 25 janvier 2022 du journal burkinabè "L'Observateur" présente le nouvel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)

On y voit un peu plus clair ce 25 janvier au matin sur la situation au Burkina Faso. A son tour, après le Mali, le Tchad et la Guinée, le pays vient de connaître une révolution de palais. "Sans effusion de sang" ni "violence physique", assurent les soldats mutins malgré quelques véhicules criblés de balles et ensanglantés, le président Roch Marc Christian Kaboré a dû céder le pouvoir. 

Le nouvel homme fort, lieutenant-colonel dans l'infanterie du Burkina Faso, âgé de 41 ans, s'appelle Paul-Henri Sandaogo Damiba. Il est également diplômé de l'Ecole militaire de Paris (Ecole de guerre) en 2017. Il a été promu le 16 décembre dernier, juste après l'attaque contre Inata, commandant de la troisième région militaire du pays, qui couvre notamment Ouagadougou. "Il avait auparavant commandé le Groupe d’action rapide et de sécurisation du Nord, à Ouahigouya", selon différents médias

Il serait entouré de soldats des forces spéciales, les unités Cobra. L’homme n’est clairement pas un militaire de salon. Il a servi au sein du Régiment de sécurité présidentielle, la garde prétorienne aujourd'hui dissoute de Blaise Compaoré, l'ancien homme fort du pays renversé en 2015. Du reste, selon le Faso.net, les putschistes de l'époque ont dû user de toute leur influence afin que Paul-Henri Sandaogo Damiba ne vole pas au secours de Compaoré.

De son expérience de terrain, Paul-Henri Sandaogo Damiba a tiré un ouvrage intitulé : Armées ouest-africaines et terrorisme, réponses incertaines ? Un livre publié en juin 2021, quasi programmatique à en juger par la fiche de lecture. "Le contraste entre l'engagement militaire croissant des armées de la région et l'expansion continue du courant terroriste est la raison d'être de cette étude, dont l'intérêt est de contribuer à faire évoluer les stratégies opératives militaires actuelles dont les résultats sont pour le moment très peu lisibles."

"Les différents engagements de l'auteur dans des opérations militaires de lutte contre le terrorisme lui ont donné d'endurer l'âpre réalité, de vivre l'évolution de l'extrémisme violent armé et de mesurer partiellement la complexité des enjeux et des défis à relever. Confronté entre 2015 et 2019 aux multiples actions terroristes pendant qu'il assumait des responsabilités opérationnelles dans les régions du Sahel et du Nord, ce témoin privilégié des efforts militaires dans les combats contre la mouvance jihadiste a choisi d'approfondir la réflexion sur le sujet par ses études et ses recherches."

Un livre programmatique

La conclusion de cette fiche de lecture éclaire sur la personnalité de Paul-Henri Sandaogo Damiba. "Dans ce premier essai littéraire, il décrit et livre son analyse aussi bien sur les particularités du terrorisme ouest-africain que sur les réponses apportées par les armées de la région avant de porter un jugement critique sur les éléments rédhibitoires des approches actuelles."

Un jugement critique qui l’aurait finalement conduit à renverser le pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré, jugé par beaucoup incapable de sortir le pays de la crise. Les griefs des militaires étaient nombreux. Qui plus est l’attaque d’Inata en novembre dernier, et la mort de 53 gendarmes, a été vécue comme l’humiliation de trop. Du reste, au Burkina tout comme au Mali ou en Guinée, la population est descendue dans la rue pour soutenir les putschistes, preuve d’une grande exaspération.

Selon le journal Le Monde, les revendications non satisfaites des soldats étaient au nombre de six. "Le remplacement" du chef d’état-major général des armées, de l’armée de Terre et du directeur général de l'Agence nationale du renseignement, "des moyens adaptés à la lutte et des effectifs conséquents", une "revalorisation" des forces et "des unités constituées permanentes" sur le terrain.

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