Nigeria : ce que l'on sait des attaques qui frappent le centre et le nord-ouest du pays

Les forces de sécurité peinent à faire face à une insécurité généralisée dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

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France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des civils quittent le village de Kukawa dans l'Etat du Plateau (centre du Nigeria) le 12 avril 2022, après que leurs maisons ont été incendiées lors d'une attaque par des hommes armés. (AFP)

Les attaques se sont multipliées ces dernières semaines dans le centre et le nord-est du Nigeria. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées, enlevées ou sont portées disparues. L'insécurité est récurrente, mais elle semble s'intensifier. Plus de 3 000 personnes ont été tuées et au moins 1 500 autres enlevées depuis le début de l'année 2022, selon le Nigeria Security Tracker (NST).

Carte du Nigeria (CAPTURE ECRAN DE GOOGLE MAPS)

Que se passe-il exactement ?

Deux attaques meurtrières ont eu lieu en moins de 15 jours. Le 6 avril dernier, des raids contre cinq villages dans le centre du Nigeria ont fait plus de 100 morts et près de 5 000 déplacés. Ils font suite à un assaut fin mars contre un train dans l’Etat de Kaduna au nord du pays. Huit voyageurs ont été tués et plusieurs autres enlevés. Les assaillants, qui ont fait usage d’engins explosifs, ont diffusé plusieurs vidéos de leurs otages cachés dans une zone forestière. Si ces méthodes rappellent fortement celles des groupes jihadistes qui sévissent notamment dans le nord-est, il n'y a eu aucune revendication à ce jour. Les autorités locales dénoncent l’infiltration des islamistes et leur collaboration avec les gangs criminels.

Dans quel contexte ?

Depuis une dizaine d’années, des groupes criminels appelés "bandits" par le pouvoir attaquent des villages, volent du bétail, et enlèvent hommes, femmes et enfants contre rançon. Ces violences ont lieu principalement dans le centre et le nord-ouest du pays. C’est dans la région rurale du nord que sont nées les premières tensions entre éleveurs et agriculteurs autour de l’eau et des terres. Avec les changements climatiques, les conflits se sont multipliés entre les différentes communautés (Peuls et Haoussas) qui ont eu recours à des groupes armés pour assurer leur protection. La situation s’est compliquée au fil des années et les conflits impliquent désormais une multitude d'organisations armées comprenant des groupes alliés aux éleveurs, des comités de vigilance, des bandes criminelles et des jihadistes, comme l’explique une étude du groupe de réflexion International Crisis group.

Comment en finir ?

Le Nigeria qui compte plus de 210 millions d’habitants est confronté à de multiples conflits et problèmes de sécurité qui s’accumulent et deviennent plus difficiles à régler. L’intervention de l’armée sur le terrain ne suffit pas, à elle seule, à mettre fin durablement à la violence. Il s’agit souvent d’opérations ponctuelles qui permettent la neutralisation des "bandits" et la libération d’otages.

Le groupe International Crisis group rappelle dans un rapport (lien en anglais) l’importance d’une approche sociale permettant la modernisation du secteur de l'élevage pour résoudre le conflit entre éleveurs et agriculteurs qui est à l’origine de la violence. Il préconise aussi une meilleure coopération régionale en matière de renseignement pour restreindre tout soutien aux groupes jihadistes et une aide internationale accrue pour répondre aux besoins humnaitaires.

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