Côte d'Ivoire : le président Ouattara donne son feu vert au retour de son rival Laurent Gbagbo

La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé, le 31 mars 2021, l'acquittement de Laurent Gbagbo, reconnu non-coupable de crimes contre l'humanité, ouvrant la voie à son retour en Côte d'Ivoire après une décennie d'absence.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Yopougon, quartier populaire d'Abidjan, le 2 février 2019 : en Une, les photos de Laurent Gbagbo et de son ancien ministre Charles Blé Goudé. (Issouf Sanogo /AFP)

Le président ivoirien Alassane Ouattara a donné, le 7 avril 2021, son feu vert au retour en Côte d'Ivoire de l'ex-président Laurent Gbagbo et de son ancien ministre Charles Blé Goudé. Cette décision, qui intervient une semaine après leurs acquittements définitifs par la Cour pénale internationale, doit permettre d’ouvrir la voie à la "réconciliation nationale".

Contexte d'apaisement et protocole

"MM. Gbagbo et Blé Goudé sont libres de rentrer en Côte d'Ivoire quand ils le souhaitent", a déclaré le président Ouattara à l'ouverture du premier conseil des ministres de son nouveau gouvernement formé le 6 avril 2021. Attendu avec une grande impatience par les partisans de Laurent Gbagbo, qui restent nombreux en Côte d'Ivoire malgré son absence depuis dix ans, ce retour est un signe fort dans un pays encore traumatisé par la guerre civile et les violences politiques.

Un retour prévu avec les formes et le protocole dus à un ancien président. "Des dispositions seront prises pour que Laurent Gbagbo bénéficie, conformément aux textes en vigueur, des avantages et indemnités dus aux anciens présidents de la République", a ajouté Alassane Ouattara en précisant que "ses frais de voyage" et ceux "des membres de sa famille seront pris en charge par l'Etat de Côte d'Ivoire".

"Notre souhait aujourd'hui est que Laurent Gbagbo retourne auprès de sa famille, de ses militants et des Ivoiriens pour participer à la réconciliation nationale tant souhaitée par les Ivoiriens."

N'Goran Djeri du Parti démocratique de Côte d'Ivoire

à l'AFP

Le chef de l'Etat n'a pas évoqué la condamnation en Côte d'Ivoire de M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant les violences post-électorales de 2010-2011. Mais Amadou Coulibaly, nouveau ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a laissé entendre que cette condamnation serait levée. "Je m'en tiens aux propos du chef de l'Etat, ça me semble assez clair : on ne va pas offrir le voyage à Gbagbo pour le mettre derrière les barreaux", a-t-il affirmé à la presse.

Michel Gbagbo, fils de Laurent et député, a tenu "à saluer cette prise de parole du président Alassane Ouattara car elle va dans le sens de l'apaisement, de la réconciliation nationale et finalement de la juste application des textes de loi ivoiriens".

Retour suspendu à la décision de la CPI

Charles Blé Goudé, ex-chef du Mouvement des Jeunes patriotes, encore surnommé "Ministre de la rue" pour avoir harangué les foules durant la crise électorale de 2010-2011, a exprimé le 8 avril sa "gratitude" au président Alassane Ouattara.  

Ce retour de Laurent Gbagbo restait suspendu à la décision de la CPI, qui pour beaucoup était incertaine. Les juges de la CPI ont en effet rejeté l'appel de la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, contre les acquittements de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, prononcés en janvier 2019 à l'issue d'un procès pour crimes contre l'humanité liés aux violences post-électorales qui avaient fait 3 000 morts en Côte d'Ivoire. Des violences nées du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître fin 2010 la victoire à la présidentielle de son rival Alassane Ouattara.

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