Centrafrique: des repères pour comprendre le conflit

Au moins 16 personnes ont été tuées le 1er mai 2018 à Bangui lors d’un nouveau cycle de violences. Les milices armées continuent de sévir en Centrafrique où le déploiement d’une force internationale n’a pas suffi à ramener la paix. Voici des clés pour tenter d’y voir plus clair.

Un homme brandissant une pancarte disant «trop c\'est trop, on en a marre» lors d\'une manifestation devant le quartier général de la Minusca, la mission de maintien de la paix de l\'ONU en République centrafricaine, à Bangui, le 11 avril  2018 au lendemain d\'une flambée de violences.
Un homme brandissant une pancarte disant «trop c'est trop, on en a marre» lors d'une manifestation devant le quartier général de la Minusca, la mission de maintien de la paix de l'ONU en République centrafricaine, à Bangui, le 11 avril  2018 au lendemain d'une flambée de violences. (VERGNES FLORENTS / AFP)

Un pays instable 
La République centrafricaine, une ancienne colonie française, vit au rythme des coups d’Etat depuis son indépendance en 1960.

Le dernier en date a été mené par une rébellion venue du Nord, une région à majorité musulmane oubliée par le régime en place. En mars 2013, la Séléka a renversé le président François Bozizé, un ancien général qui avait lui-même pris le pouvoir par la force.
 
Un conflit meurtrier
La Séléka, une «alliance» de plusieurs groupes armés, essentiellement musulmans, prend le pouvoir en 2013 dans un climat chaotique et la situation dégénère rapidement. Pillages, tueries, affrontements…. Des milices d’obédience chrétienne d’auto-défense, se forment, les anti-Balaka (anti-machette), et le pays plonge dans la spirale des violences. En moins d’un an, 3000 civils sont tués et des centaines de milliers de personnes sont déplacées.

Une opération française et internationale (Sangaris) est lancée fin 2013 pour «mettre fin à un cycle d’exactions et empêcher un désastre humanitaire». La mission a duré trois ans.
 
La situation actuelle
Aujourd’hui, plus de 10.000 Casques bleus de la force internationale (Munisca) sont censés protéger les civils et appuyer le processus politque mais la violence est omniprésente.

L’armée Centrafricaine n’a pas les moyens de rétablir la sécurité. Elle peut compter désormais sur l’aide de la Russie qui a envoyé sur place armes et instructeurs.

La carte de la République centrafricaine
La carte de la République centrafricaine (Capture d'écran du site du ministère français des affaires étérangères)

 
Sur le plan politique, il y a un nouveau président, Faustin-Archange Touadéra, depuis 2016 mais son autorité étatique ne dépasse pas Bangui, la capitale.

Près de 80% du pays restent sous la coupe d’une quinzaine de groupes armés. «Quand on n’a plus de sécurité, comme c’est le cas dans ce pays, on se raccroche à des bandits. Lesquels, un jour, se montrent protecteurs et, le lendemain, abusent de vous», expliquait à Géopolis Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (IFRI).
 
Des seigneurs de guerre 
Toutes ces milices souhaitent contrôler les ressources du pays. «La Centrafrique est devenue le pays malade de la région. Tous les seigneurs de guerre de la zone s’y sont installés et y font de l’argent», comme le précisait Thierry Vircoulon.
 
La Centrafrique est riche en diamants, en or et en uranium mais c’est malheureusement, l’un des pays les plus pauvres au monde.
 
Ce pays à peine plus grand que la France compte 5 millions d’habitants. Un sur deux dépend de l’aide internationale.