Alger accuse Rabat de l'assassinat de trois chauffeurs algériens

Trois camionneurs algériens ont été victimes d'un possible tir de drone au bord d'une piste dans le Sahara occidental. Alger parle de "lâche assassinat".

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France Télévisions Rédaction Afrique
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La frontière entre le Maroc et l'Algérie dans la région de Oujda, au Maroc, le 4 novembre 2021. (FADEL SENNA / AFP)

Depuis le 1er novembre, une nouvelle affaire secoue les relations entre l’Algérie et le Maroc. Cette fois, il s'agit de la mort de trois routiers algériens pris dans un bombardement sur le territoire du Sahara occidental. Alger accuse Rabat d’un  "lâche assassinat", commis avec un "armement sophistiqué".

"Trois ressortissants algériens ont été lâchement assassinés par un bombardement barbare de leurs camions alors qu'ils faisaient la liaison Nouakchott-Ouargla", entre la Mauritanie et l'Algérie, a affirmé la présidence algérienne dans un communiqué.

Des messages ont été adressés à l’ONU et à l’Union africaine pour informer de "la gravité extrême de l’acte de terrorisme d’Etat en question, qu’aucune circonstance ne saurait justifier", selon les termes du communiqué.

Tir de drone ?

Comme le fait remarquer l'AFP, Alger ne précise pas de quel "armement sophistiqué" il s'agit. Mais le site spécialisé algérien Menadefense revient en détail sur les circonstances "de l’attaque marocaine contre les civils algériens". Deux camions immatriculés à Ouargla, affrétés pour une livraison de ciment blanc vers la Mauritanie, rentraient à vide en Algérie. Selon le propriétaire de la société de transport, tout cela s’est effectué dans un cadre légal. Mais après avoir passé la frontière, les trois chauffeurs ont choisi de prendre un raccourci, pour gagner du temps et éviter les risques d’ensablement.

"L'endroit où se trouvaient les deux camions se situe à plus de 35 kilomètres au sud-est du 'mur de défense' marocain et des premières installations militaires des forces armées du Maroc", précise le site. Selon lequel il s’agissait probablement d’une attaque d’un drone, soit du matériel turc, soit israélien. Dans la mesure où un drone peut facilement identifier sa cible, "il est donc probable que l’attaque ait été faite de manière délibérée, en connaissance ou non de la nationalité des victimes", conclut Menadefense.

Des représailles 

Une affaire considérée désormais comme un casus belli par Alger qui assure que cela "ne restera pas impuni". Un pas de plus dans l'escalade vers un conflit armé que Rabat n’entend pas attiser et qui n’a fait l’objet d’aucun commentaire officiel de la part du Maroc. Mais une "source" marocaine a précisé à l’AFP que la piste utilisée par les trois camionneurs est "empruntée exclusivement par des véhicules militaires des milices armées" du Front Polisario. En clair, l’attaque aurait bien eu lieu, mais l’opérateur du drone aurait possiblement mal interprété la présence de ces deux camions, les prenant à tort pour des véhicules des rebelles du Front Polisario.

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