Boko Haram recule, l'école reprend au nord du Nigeria

Lundi 3 octobre 2016, les établissements scolaires rouvrent dans l'Etat de Borno, au nord-est du Nigeria. La région, victime des exactions de Boko Haram, vit encore dans le souvenir de l'enlèvement des lycéennes de Chibok. Mais le recul militaire de la secte permet le retour à une certaine normalité.

Des enfants attendent une prise en charge dans le camp de réfugiés de Banki dans l\'Etat de Borno au Nigéria.
Des enfants attendent une prise en charge dans le camp de réfugiés de Banki dans l'Etat de Borno au Nigéria. (Unicef)

Boko Haram recule au Nigeria. Et cela permet de rouvrir les établissements scolaires dans l’Etat du Borno, le plus touché par les exactions des djihadistes islamistes. C’est là au nord-est du pays, dans la ville de Chibok, que 276 jeunes filles ont été enlevées en avril 2014 au sein de leur établissement scolaire.
 
Depuis, tous les collèges et lycées du district étaient restés fermés par manque de sécurité. Certains le resteront pour ces mêmes raisons. Les élèves seront regroupés dans des lieux sûrs. Ce qui fait dire aux habitants que beaucoup d’enfants ne pourront pas suivre une scolarité normale.
 
En mars 2016, le gouvernement de l’Etat de Borno a établi un recensement des établissements scolaires concernés par les attaques de Boko Haram. 500 écoles primaires, 38 collèges et deux lycées ont été touchés. Plus de 5000 salles de classe ont été détruites par les terroristes. Un militant d’une association d’aide aux familles des filles de Chibok a comptabilisé 57 écoles primaires et 9 collèges toujours fermés dans la localité, selon l’AFP.

 
D’après l’Unicef, plus d’un million d’enfants ont été déscolarisés depuis 2009 et l’apparition de Boko Haram. Les écoles sont les cibles de la secte, dont le nom signifie «l’éducation occidentale est un péché». Dans l’Etat voisin de Yobe, 128 élèves ont été tués par les islamistes, et ici dans le Borno, au moins 350 professeurs ont été assassinés et 512 écoles détruites, selon les chiffres donnés par l’AFP.
 
A présent, l’Unicef peut venir en aide à la population dans des zones jusqu’alors inaccessibles, placées sous la coupe des djihadistes. 750.000 personnes bénéficient de l’aide de l’ONG, que ce soit en soins, en nourriture, et bien sûr, dans le domaine de l’éducation.
 
A Chibok, un établissement ne rouvrira pas. Le lycée de jeunes filles rasé par Boko Haram n’a pas été reconstruit.