Niger: Géréwol, un concours de beauté et de séduction pour les hommes wodaabes

Les Wodaabes, membres de la communauté peule, vouent un culte à la beauté. Tous les ans, au festival Géréwol, les hommes utilisent de nombreux artifices pour séduire les plus belles femmes, mêmes si elles sont mariées.

14 photos de Mario Gerth illustrent ce propos.
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A la fin de la saison des pluies au Niger, la Cure Salée, le festival des nomades, est l'un des événements culturels les plus importants du pays. Les Touaregs et les éleveurs peuls se retrouvent dans la région d'Agadez, dans la partie septentrionale du Niger, pour faire paître leurs animaux. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Plusieurs événements, comme les courses de chameaux ou des défilés de troupeaux, sont de la partie. Faire du troc ou simplement renouer des liens d’amitié sont aussi de bonnes raisons de participer à cet événement pastoral. Mais l’un des moments les plus forts de la manifestation est la fête Géréwol des jeunes Wodaabes. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Pendant une semaine, les jeunes hommes vont participer à un concours de beauté, dont le jury est constitué des plus belles filles de la tribu. Le but: que les vainqueurs séduisent les jeunes filles pour passer avec elles une nuit ou…toute la vie.   MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Les Wodaabes sont un peuple nomade d’éleveurs et de marchands, membres de la communauté peule. Ils sillonnent le Niger, le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine. Hommes et femmes sont réputés pour être d’une grande beauté.     MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Chez les Wodaabe, le culte de la beauté est cultivé comme un véritable art de vivre depuis des siècles. Chaque individu se doit d’avoir toujours un miroir sur lui. Même les animaux doivent être beaux. Quand un Wodaabe acquiert une vache, celle-ci doit avoir obligatoirement de longues cornes et de longs poils. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Dans la tradition, les mariages sont arrangés par les parents alors que garçons et filles sont encore des enfants. Mais quand arrive la fête de Géréwol, les hommes espèrent pouvoir "enlever" les femmes, qu’elles soient mariées ou non. Lors de cette cérémonie, quand un nouveau couple arrive à se former, il quitte discrètement la fête. Cette nouvelle union devient alors légitime aux yeux de la tribu. On appelle cela un mariage d’amour. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Pour arriver à conquérir leurs futures femmes, les hommes doivent suivre un rituel et participer à ce concours de beauté. Il est indispensable qu’ils aient un beau visage ovale, aux traits fins. Pour séduire les belles, ils se maquillent les lèvres, se passent du khol autour des yeux. Ils soulignent leurs sourcils au charbon et se dessine un trait jaune sur l’arête du nez. Certains se peignent le visage avec du beurre mélangé à de l'ocre. Avoir des yeux brillants, un sourire éclatant et les dents très blanches sont indispensables. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Pour parfaire cet apparat, les hommes doivent aussi revêtir de magnifiques vêtements qu’ils ont créés la plupart eux-mêmes pendant une année. Ils se parent de colliers de perles et de coquillages et accrochent  une plume d'autruche sur leur turban. Souvent, ils enfilent un pagne de femme par-dessus un vêtement de peau. Et font pendre dans leurs le dos un barbol, une chaîne faite de coquillages dont l’extrémité est une minuscule calebasse. Féminiser son apparence est le plus sûr moyen de séduire la gente féminine. Un grand classique chez les Wodaabes. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Les jeunes filles ne sont pas en reste. Elles aussi veulent être séduisantes. Leurs cheveux sont coiffés d’incroyables chignons. Leur bras et leurs jambes sont recouverts d’innombrables bracelets de perles et d’anneaux de bronzes. Leurs corps sont recouverts d’étoffes colorées. Si la beauté ici possède ses propres codes, on peut parfois faire preuve d’originalité. Et des accessoires à la mode comme des lunettes peuvent trouver leur place dans cette parure. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Pour être sûr d’être choisi, l’homme doit aussi savoir danser. La danse effectuée s’appelle yaake et reproduit la parade d'un oiseau du Sahel. Les hommes chantent en cœur et pendant plusieurs heures, ils doivent exercer différentes figures avec leurs corps mais aussi leurs visages. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Rouler des yeux, sourire toutes dents en avant, faires certaines grimaces… sont particulièrement appréciés. Pour les plus timides, la consommation de plantes psychotropes permet de lever les dernières inhibitions.   MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Quelquefois pour être sûr d’être choisis, les hommes utilisent des subterfuges. Si l’on est jaloux de son voisin que l’on trouve plus beau que soi, on peut mettre un peu de poivre au bout de sa plume d'autruche, et par inadvertance la mettre dans l’œil du concurrent. Avoir les yeux rouges disqualifie immédiatement le prétendant. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Mario Gerth est un photographe allemand qui a voyagé dans plus de 80 pays. Passionné par les nomades d'Afrique, il explique à propos de ce rituel: "Les hommes sont jugés par trois des plus belles femmes de la tribu - souvent les filles des lauréats précédents (…). Ils peuvent passer six heures à se préparer pour ce grand moment où ils dansent et montrent leurs plus beaux atours." Etre choisi apporte respect et considération auprès de toute la famille. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA
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Le photographe précise: "Les femmes Wodaabes jouissent d’une grande liberté sexuelle et détiennent le pouvoir au sein de la tribu (…). Les jeunes filles non mariées sont autorisées à avoir des relations sexuelles quand elles le désirent". Même si ce sont les hommes qui réalisent les tâches difficiles, ce sont les femmes qui prennent les décisions et qui décident de l’avenir de la communauté. Les Wodaabes sont polygame et les femmes sont autorisées à avoir plusieurs maris. MARIO GERTH/HOTSPOT MEDIA/SIPA