Coup d'Etat au Niger : la manifestation anti-française "est un remake du Burkina Faso et du Mali" estime un professeur de géopolitique

La manifestation anti-française à Niamey (Niger) "est un remake des précédents coups d'Etat au Burkina Faso et dans une certaine mesure au Mali", estime sur franceinfo Michel Galy, chercheur au centre d'études sur les conflits et professeur de géopolitique à l'Institut des relations internationales.
Article rédigé par France Info
Radio France
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Des manifestants devant l'ambassade de France à Niamey au Niger, le 30 juillet 2023. (AFP)

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche 30 juillet devant l'ambassade de France à Niamey avant d'être dispersées par des grenades lacrymogènes, quatre jours après le coup d'Etat du général Tiani.

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"C'est très proche de ce qui s'est passé à Ouagadougou [Burkina Faso]", observe Michel Galy, invité de franceinfo "avec certains manifestants pro-russes et qui s'attaquent à l'ambassade de France". Il y avait en revanche "plus de monde".

"Il y a une certaine catégorie" de personnes, "non francophone et qui par dépit et rancoeur sociale se tournent vers la Russie, que l'on ne connaît pas, plutôt que vers la France, que l'on connait trop", analyse le professeur de géopolitique. "Sauf si cela dégénère, c'est une sorte de rituel, avec des accusations anti-françaises et pro-russes", déclare Michel Galy.

Cette manifestation, officiellement interdite par le nouveau régime, peut aussi être perçue comme "une manoeuvre de détournement des critiques", avance Michel Galy : "Le pouvoir du général Tiani est fragile, il a des rivaux dans l'armée et il est très critiqué par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest [Cedeao]", argumente le chercheur au centre d'études sur les conflits. 

"Si cela dégénère", les 1 500 militaires français en poste au Niger "pourraient réagir", tout comme les forces américaines, estime-t-il. Mais la présence de l'armée française sur le sol nigérien peut être remise en question dans les prochaines semaines. Le samedi 29 juillet, Paris a annoncé la suspension "avec effet immédiat" de "toutes ses actions d'aide au développement et d'appui budgétaire au Niger".

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