Agadès, l'impasse des migrants en quête d'Europe

La route d'Agadès est devenue celle des migrants qui veulent rejoindre l'Europe, mais les autorités nigériennes mettent tout en œuvre pour contrôler ce point de passage.

franceinfo

Pour la plupart des migrants, Agadès (Niger) est désormais synonyme de la fin de leur voyage. Et pour ceux qui nourrissent encore l'espoir de poursuivre leur route vers la Libye, ils doivent se cacher de longues semaines quelque part en ville. Comment Agadès est-elle devenue une impasse pour les migrants ? Et dire qu'il y a encore trois ans, cette ville du centre du Niger était pour eux un passage obligé, une formalité. Toute l'Afrique de l'Ouest convergeait ici pour rejoindre la Libye puis l'Europe. En 2016, ils étaient 290 000 à passer par ici. L'année suivante ils n'étaient déjà plus que 33 000. Une chute spectaculaire de plus de 80% qui s'est confirmée depuis.

Un plan de reconversion

La raison se trouve dans un changement de politique des autorités nigériennes. Une loi votée en 2015 a criminalisé le trafic des migrants. De jour comme de nuit, les passeurs qui avaient autrefois pignon sur rue à Agadès sont aujourd'hui traqués. Une soixantaine d'entre eux a été écrouée et plus de 100 véhicules ont été confisqués. Une nouvelle législation qui n'est pas sans conséquence pour la ville d'Agadès. Le trafic de migrants générait 100 millions d'euros par an à partager entre commerçants, chauffeurs et passeurs. Un plan de reconversion a été financé par l'Union européenne : 2 000 euros par passeur pour commencer une nouvelle activité.

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Une rue à Agadez, au Niger, le 5 avril 2017. 
Une rue à Agadez, au Niger, le 5 avril 2017.  (ISSOUF SANOGO / AFP)