Maroc : manifestation à Rabat pour le droit à l'avortement

600 à 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon les associations militant pour sa légalisation. 

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Des militants marocains manifestent après la mort d'une jeune fille de 14 ans à la suite d'un avortement clandestin à Rabat, le 28 septembre 2022.  (FADEL SENNA / AFP)

Des dizaines de militantes féministes ont manifesté, mercredi 28 septembre, à Rabat pour réclamer la révision des lois criminalisant l'avortement au Maroc à la suite de la mort d'une adolescente victime d'une IVG clandestine. Les manifestantes ont brandi des pancartes dénonçant une loi liberticide devant le parlement : "l'avortement est un des droits de la femme", "la loi m'a tué", "l'IVG est un soin médical", "respectez mon choix"

"Nous sommes présentes aujourd'hui car nos voix comptent pour faire bouger les choses. Tout être humain doit disposer de son corps. Les lois doivent être réformées et la société suivra !"

Khaoula, étudiante

à l'AFP

Violences

La loi marocaine punit l'IVG de six mois à cinq ans de prison sauf quand la santé de la mère est en danger. Le code pénal sanctionne aussi bien la femme qui avorte (de six mois à deux ans de prison) que les personnes qui pratiquent l'acte (de un à cinq ans de prison). De 600 à 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon les associations militant pour sa légalisation.

"On demande la dépénalisation de l'avortement depuis déjà une dizaine d'années. On renouvelle cette revendication aujourd'hui. Le législateur est responsable de cette situation et de la violence et difficultés qu'endurent les femmes" 

Fouzia Yassine, membre du "Printemps de la dignité", coalition d'associations féministes marocaines

à l'AFP

Le Maroc s'était engagé en 2015 dans un débat approfondie sur "l'urgence" d'un assouplissement de sa législation face au fléau des centaines d'avortements clandestins pratiqués chaque jour, dans des conditions sanitaires parfois désastreuses.

Une commission officielle avait même dans la foulée recommandé que l'avortement soit autorisé dans "certains cas de force majeure", notamment en cas de viol ou de graves malformations du fœtus. Aucune loi n'est depuis venue entériner ces recommandations ardemment soutenues par les activistes.

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