Olivier Dubois détenu depuis 547 jours au Mali : sa sœur appelle le gouvernement à "réagir"

Canèle Bernard, la sœur d’Olivier Dubois, journaliste capturé le 8 avril 2021 par un groupe jihadiste au Mali, exhorte la France et le Mali à sortir de leur silence et à agir.

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Radio France
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Canèle Bernard, la soeur d'Olivier Dubois, le 7 mars 2022. (ALAIN JOCARD / AFP)

"Nous n'avons pas de nouvelles récentes de notre frère", regrette samedi 8 octobre sur franceinfo Canèle Bernard, la sœur d’Olivier Dubois, journaliste capturé le 8 avril 2021 par un groupe jihadiste au Mali. Elle exhorte la France et le Mali, "quels que soient leurs rapports", à sortir de leur silence et à agir : "Nous leur demandons de réagir, la vie d'Olivier est en jeu."  Dans une tribune dans Libération, quarante rédacteurs en chef de médias francophones appellent les autorités françaises à "accentuer leurs efforts pour obtenir au plus vite" la libération du journaliste.

franceinfo : Cela fait un an et demi, jour pour jour, ce 8 octobre, que votre frère a été enlevé, avez-vous de ses nouvelles ?

Canèle Bernard : Olivier est captif tous les jours et pas uniquement le 8 de chaque mois. Ça fait 547 jours aujourd'hui, c'est une captivité qui a pris ses marques dans le temps, et nous sommes extrêmement inquiets car nous n'avons pas de nouvelles récentes de notre frère. Je ne sais absolument rien. Imaginez l'état de la mère d'Olivier, imaginez notre état à nous, nous sommes tous les jours entre espoir et désespoir, entre incompréhension et colère. Nous nous sentons complètement délaissés, abandonnés. Alors, imaginez ce que lui, Olivier, ressent depuis 547 jours. Plus on attend pour agir, plus le temps passe, plus l'état psychologique et physique d'Olivier se dégrade. Alors, on se demande, qu'est ce qu'on attend pour aider ce citoyen français qui est en situation d'extrême urgence ? Je rappelle qu'il y a eu, le 8 avril 2022, deux preuves de vie publiées par ses ravisseurs sur les réseaux sociaux. Pour nous, c'est une preuve qu'ils veulent rendre Olivier.

Vous déplorez un manque de communication de la part des autorités ?

Aujourd'hui nous n'avons aucune information à disposition. Nous nous demandons toujours ce que fait le gouvernement français et ce que fait le gouvernement malien, car il en va de la responsabilité des deux pays, quels que soient leurs rapports. Pour le moment, ils font silence total. Nous leur demandons de réagir, la vie d'Olivier est en jeu. D'un côté comme de l'autre nous ne savons rien et c'est pour cela que notre famille, la mère d'Olivier, mon conjoint et moi-même lançons des opérations de communication, comme la pétition que nous invitons à signer sur change.org. Plus nous serons nombreux à la signer plus nous donnerons l'écho nécessaire au sort actuel d'Olivier, dernier otage français dans le monde.

Que demandez-vous concrètement au gouvernement ?

Ce qu'on demande concrètement au gouvernement, c'est d'être enfin reçus par les officiels qui connaissent le dossier d'Olivier. Nous n'avons eu que deux rendez-vous avec les officiels, notre référent et la cellule de crise qui dit ne pas avoir d'information. Elle est en dessous de tout. En dessous de Mme Colonna, en dessous d'Emmanuel Macron, donc elle est tributaire des informations qu'on lui donne. Nous, on veut parler aux gens qui connaissent le dossier. Nous avons demandé un rendez-vous à Mme Colonna, nous ne l'avons toujours pas eu. Nous voulons parler à ceux qui savent. À quel moment vont-ils nous répondre ? Quand Olivier rentrera-t-il à la maison ?

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