Libération de Sophie Pétronin : qui sont les deux otages italiens relâchés aux côtés de la Française ?

Quatre otages ont été libérés cette semaine au Mali, dont deux Italiens – un religieux et un touriste, enlevés en 2018 et 2019.

Les ex-otages italiens Nicola Chiacchio (à gauche) et Pier Luigi Maccalli (à droite), à leur arrivée à l\'aéroport Ciampino de Rome, le 9 octobre 2020.
Les ex-otages italiens Nicola Chiacchio (à gauche) et Pier Luigi Maccalli (à droite), à leur arrivée à l'aéroport Ciampino de Rome, le 9 octobre 2020. (ANGELO CARCONI / AP / SIPA)

Libres. En même temps que la Française Sophie Pétronin et l'homme politique malien Soumaïla Cissé, deux Italiens ont également retrouvé leur liberté, après avoir passé de longs mois aux mains de jihadistes. Les deux hommes ont atterri à l'aéroport Ciampino de Rome (Italie), vendredi 9 octobre, où ils ont été accueillis par le président du Conseil, Giuseppe Conte, et le ministre des Affaires étrangères, Luigi di Maio. "Enfin à la maison", s'est félicité ce dernier, dans un message publié sur Facebook (en italien).

La veille, ce dernier avait salué "une belle nouvelle" et assuré que Pier Luigi Maccalli et Nicola Chiacchio se portaient bien, confirmant une information du gouvernement malien. C'est la première fois que les autorités confirmaient ces deux noms, cités depuis plusieurs mois par les médias italiens. En avril dernier, le site nigérien Aïr Info avait rapporté l'existence d'une vidéo prouvant que les deux otages étaient bien en vie. Ce document de quelques secondes avait ensuite été diffusé par le site italien Avvenire. Les deux hommes y apparaissaient amaigris.

Un religieux et un touriste enlevés en 2018 et 2019 

Le prêtre Pier Luigi Maccalli, 60 ans, avait été enlevé le 17 septembre 2018 à son domicile par un groupe de huit hommes armés. Ce volontaire de la Société des missions africaines (SMA) résidait depuis onze ans dans la mission religieuse de Bomoanga, au Niger, à 150 kilomètres au sud-ouest de la capitale, Niamey, dans une zone frontalière avec le Burkina Faso et le Bénin.

Les assaillants "ont d'abord cassé [la porte de] sa maison, avant de l'extraire et de partir avec lui sur une de leurs motos et ont piqué droit vers la frontière du Burkina Faso", avait expliqué à l'époque Thomas Codjovi, chargé de la communication de la mission catholique dans ce pays. "Dix minutes après, ils sont revenus pour tirer en l'air, manifestement pour intimider les populations". Le porte-parole avait également précisé que des religieuses étaient présentes, mais que seul le missionnaire avait été enlevé.

"C'est une joie immense et une grand bonheur", a réagi sa sœur Clementina Maccalli, interrogée sur la radio catholique InBluRadio (en italien). "Notre foi était grande et ceci nous a aidés (...)Quand je le reverrai, je ne prononcerai aucune parole et je l'embrasserai fort. Une embrassade veut dire tellement."

Le cas de Nicola Chiacchio, ingénieur dans l'aérospatiale, est moins documenté. Ce touriste aurait été enlevé alors qu'il se trouvait en vacances au Mali, lors d'un parcours à vélo électrique en Afrique sub-saharienne, selon le quotidien La Stampa (en italien). Le voyageur voulait atteindre Tombouctou en passant par Douentza, précisait encore un journaliste italien, cité par le quotidien nigérien Aïr InfoAvant la publication de la vidéo, en tout cas, il n'avait plus donné signe de vie depuis le mois de février 2019. 

Citant une source proche des négociateurs, le quotidien Il Foglio (en italien) affirme que le gouvernement italien a versé une rançon pour la libération de ses deux ressortissants. De l'argent aurait également été versé par le gouvernement malien pour obtenir la libération de l'ancien ministre Soumaïla Cissé. "Les Français se seraient tenus à l'écart des négociations italiennes, peut-être pour ne pas être impliqués dans ce paiement, mais ils ne s'y sont pas opposés", précise encore le quotidien, mais l'information n'a pas été confirmée par une autre source.