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Mort de trois soldats français au Mali : un évènement "dramatique" mais "la situation s'améliore", selon le député LREM Jean-Michel Jacques

Trois soldats français sont morts dans l'explosion de leur véhicule blindé lundi 28 décembre.

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Radio France
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Des soldats français au Mali, en janvier 2017.  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Voir ces jeunes hommes mourir au combat, c'est toujours un moment très triste. J'ai une pensée pour leurs familles, leurs proches et leurs frères d'armes", déclare  lundi 28 décembre sur franceinfo, le député LREM Jean-Michel Jacques. Ancien militaire, membre des forces spéciales, le député du Morbihan est aujourd'hui vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées à l'Assemblée nationale. Malgré "l'évènement vraiment dramatique d'aujourd'hui", Jean-Michel Jacques estime que "la situation s'améliore" au Mali et qu'il y aura "une issue" au conflit actuel. Selon lui, la France n'est plus seule au Sahel. Il cite les "forces spéciales européennes" qui s'agglomèrent au sein de la force Takuba "pour porter des coups aux groupes terroristes armés", ainsi que le travail du G5 Sahel. "Des soldats européens leur apprennent comment combattre. L'Europe aide aussi certains États du Sahel à mieux s'organiser dans leur administration, de façon à ce qu'ils se stabilisent et assurent leur sécurité d'eux-mêmes."

franceinfo : On pensait que les choses allaient mieux au Mali, après la libération récente de l'otage française Sophie Petronin ou encore l'élimination d'un chef djihadiste important il y a quelques mois ?

Jean-Michel Jacques : Oui, en tout cas pour l'instant, la situation s'améliore. On peut aussi citer l'amélioration des actions des forces maliennes, qui sont de plus en plus efficaces. On sent une certaine montée en puissance depuis quelques temps. Toutefois, on n'est jamais à la merci d'une attaque par engin explosif improvisé. Vous savez, c'est difficile à déceler. Nos soldats se déplacent d'un point à un autre. Les sentiers sont parfois limités. Il y a des passages obligés et c'est donc assez facile pour quelqu'un de mal intentionné de mettre des engins bien camouflés. Pour autant, il faut rester tout de même sur une vue globale qui est quand même plutôt positive. Mais hélas, l'évènement d'aujourd'hui est vraiment dramatique et nous ne pouvons que le regretter.

Y a-t-il un risque d'enlisement dans ce conflit pour les forces françaises engagées dans l'opération Barkhane ?

Il y aurait un risque si les États africains ne prenaient pas leur destin en main et ne faisaient pas ce qu'ils doivent faire, c'est-à-dire assurer la protection de leurs concitoyens, assurer la possibilité de développer une économie, de façon à ce que chacun puisse se nourrir. C'est comme ça que les choses vont s'améliorer. En ce qui concerne le Mali, on voit depuis quelques temps qu'il y a tout de même une motivation un peu plus grande et il faut s'en réjouir. On est dans cette perspective plutôt positive. On peut se dire qu'il va y avoir une issue. Nos partenaires européens participent également de plus en plus à travers la force Takuba, où un certain nombre de forces spéciales européennes s'agglomèrent pour porter des coups aux groupes terroristes armés. Donc non, je ne pense pas qu'on soit dans une phase d'enlisement, mais on est sur un combat qui est long. Le général Lecointre l'avait bien dit, les choses ne peuvent pas se faire rapidement parce que nos partenaires africains ont besoin de se structurer et de s'améliorer en termes de sécurité intérieure, de défense, mais aussi sur le plan économique, de façon à stabiliser leurs pays.

Le G7 Sahel a un rôle à jouer ?

Oui, effectivement, c'est indispensable. Pour cela, l'Europe s'investit énormément. Des soldats européens leur apprennent comment combattre. L'Europe aide aussi certains États du Sahel à mieux s'organiser dans leur administration ou dans la gestion de leurs ressources humaines, de façon à ce que ces pays se stabilisent et puissent assurer cette sécurité d'eux-mêmes. C'est de leur ressort. N'oublions pas que la France est là-bas à leur demande. Nous les aidons comme nous le devons. C'est aussi nécessaire parce que réduire la menace au Sahel, c'est aussi protéger notre territoire national. Il faut rester vigilant et s'assurer en tout cas que ces efforts continuent.

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