Mali : les rotations des contingents de la mission de l'ONU vont reprendre lundi

Dans un contexte de tension entre les Nations unies et la junte au pouvoir au Mali, les autorités de Bamako ont annoncé la reprise des rotations de la force Minusma.

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Un soldat allemand, le 2 août 2018 à Gao (Mali). (SEYLLOU / AFP)

Les rotations des contingents de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), suspendues depuis un mois, reprendront, lundi 15 août, avec un nouveau mécanisme d'approbation dans un contexte de tensions diplomatiques entre Bamako et ses partenaires. "La Minusma a marqué son accord sur les nouvelles procédures et les a communiquées à tous les pays contributeurs de troupes. Il n'y aura pas d'exception", a déclaré à l'AFP le ministre malien Abdoulaye Diop. La Minusma compte 12 261 soldats et 1 718 policiers.

Avant, "ils [les contingents] nous saisissaient directement. On a mis un terme à cela. Toutes les demandes doivent désormais passer par la Minusma qui doit les valider et transmettre aux Affaires étrangères par note verbale", a précisé le chef de la diplomatie malienne. Les rotations des contingents militaires et policiers de la Minusma avaient été suspendues le 14 juillet pour une durée indéterminée en raison du "contexte de sécurité nationale".

Tensions avec l'Allemagne

Vendredi, l'Allemagne avait annoncé suspendre "jusqu'à nouvel ordre" la majeure partie de ses opérations militaires au Mali dans le cadre de la mission de l'ONU (Minusma), en dénonçant un nouveau refus de survol par les autorités maliennes. "Les Allemands doivent se conformer aux nouvelles procédures. Leur ministre de la Défense est allé vite en besogne pour annoncer la suspension de leurs opérations. Cela ne nous impressionne pas, a réagi Abdoulaye Diop. Notre ligne est claire. On ne transige pas sur les questions touchant à la souveraineté et à la sécurité nationales."

Le Mali est dirigé par une junte qui a contraint les troupes françaises à quitter le pays il y a quelques mois et qui a ardemment relancé la coopération avec Moscou pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste. Les relations entre le Mali et l'ONU, dont les casques bleus sont présents dans le pays depuis 2013, se sont également dégradées ces dernières semaines. Le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, avait été notamment expulsé pour avoir publié des "informations inacceptables" au lendemain de l'arrestation de 49 soldats ivoiriens à Bamako le 10 juillet. La suspension des rotations des contingents de la Minusma avait été annoncée quatre jours après leur arrestation.

Ces tensions interviennent alors que, sur le terrain, l'armée malienne vient de subir de sérieux revers. Ainsi, le 10 août, 42 soldats maliens ont été tués par des jihadistes à Tessit, dans le sud-est du pays.

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