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Au Mali, les difficultés se multiplient pour la Mission de l'ONU

La junte malienne a expulsé le Français Olivier Salgado, porte-parole de la Minusma.

Article rédigé par franceinfo Afrique avec AFP
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Temps de lecture : 2 min
Des soldats sénégalais de la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies au Mali (Minusma) patrouillent à pied dans les rues de Gao, le 24 juillet 2019, dans le nord du pays. (SOULEYMANE AG ANARA/AFP)

La junte malienne a ordonné le 20 juillet l'expulsion du porte-parole de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, la Minusma. Les autorités maliennes reprochent à Olivier Salgado, de nationalité française, d'avoir posté sur le réseau social Twitter des "informations inacceptables" au lendemain de l'arrestation de 49 soldats ivoiriens à Bamako le 10 juillet.

A New York, les Nations unies ont "profondément" regretté cette décision. Le porte-parole adjoint de l'ONU, Farhan Haq, a souligné que la doctrine de persona non grata ne s'appliquait pas aux agents de l'ONU et ajouté que "les mesures appropriées" seront prises, sans en préciser la nature.

"Sans aucune preuve"

Olivier Salgado avait réagi, en tant que porte-parole de l'ONU au Mali depuis la création de la mission en 2013, sur cette affaire des 49 soldats ivoiriens. Ceux-là, qualifiés de "mercenaires" par Bamako, étaient selon Abidjan, des "Eléments nationaux de soutien" (ENS), une procédure de l'ONU permettant aux contingents des missions de maintien de la paix de faire appel à des prestataires extérieurs à l'ONU pour des appuis logistiques. Ils devaient, selon la Côte d'Ivoire, prendre la relève d'autres Ivoiriens déployés au Mali.

Selon le tweet du porte-parole de la Minusma publié le le 11 juillet, l'information de cette relève "aurait été préalablement communiquée aux autorités nationales", ce que Bamako a démenti. Les autorités maliennes estiment qu'Olivier Salgado s'est exprimé sur ce point "sans aucune preuve".  

Effet domino 

L'expulsion du porte-parole de la Minusma vient s'ajouter à d'autres accrocs diplomatiques entre le Mali et l'ONU qui compte 12 261 soldats et 11 718 policiers dans le pays. Le 14 juillet, quelques jours après l'arrestation des militaires ivoiriens, Bamako a annoncé la suspension de toutes les rotations militaires et policières de la Minusma, arguant de la nécessité de tenir une "réunion" pour "faciliter la coordination et la réglementation" desdites rotations. Aucune date n'a été avancée pour cette réunion. L'Egypte avait, le lendemain, annoncé une suspension temporaire de la participation de son contingent, qui a essuyé de lourdes peines, à la Minusma à compter d'août. 

Cette décision du Mali intervient également dans un contexte de bras de fer diplomatique entre Bamako et nombre de ses partenaires. La France, d'abord, que le Mali a poussée vers la sortie début 2022 après neuf ans de présence militaire dans le pays, via l'opération Serval puis Barkhane. Les derniers soldats français doivent quitter le Mali d'ici quelques semaines. Puis la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao) qui a durant six mois durement sanctionné le Mali en raison du non-respect de ses engagements. 

Bras de fer enfin avec la Côte d'Ivoire à propos de l'arrestation des soldats. Cependant, dans ce dossier, Bamako a accepté la médiation du Togo. Bamako se dit "disposé à œuvrer" à "un dénouement heureux de cette situation (...) dans le strict respect de la souveraineté du Mali". La "souverainté", un principe cher à la junte qui, alors qu'une partie de son territoire est aux mains des jihadistes, appelle régulièrement ses "partenaires à (la) respecter la souveraineté"

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