Traite d'êtres humains au Malawi : "Je constate l'efficacité de mon travail à travers le nombre de victimes sauvées des trafiquants"

Expert en prévention de la criminalité auprès de l'ONU, Maxwell Matewere travaille depuis plus de vingt ans à mettre un terme à cet esclavage moderne. 

Maxwell Matewere, lors d\'une campagne de sensibilisation au Malawi sur la menace de la traite des êtres humains.
Maxwell Matewere, lors d'une campagne de sensibilisation au Malawi sur la menace de la traite des êtres humains. (ONUDC)

Agent malawite de l'ONU, Maxwell Matewere a consacré une partie de sa vie à faire progresser le mouvement anti-traite au Malawi, un pays d'Afrique australe. Malgré l’adoption d’une loi en 2015, le trafic d’êtres humains continue. Son combat aussi. 

Des centaines de victimes chaque année

Rien qu'en 2020 et malgré les restrictions imposées par le Covid-19, Maxwell Matewere a pu sauver environ 300 victimes de la traite d'êtres humains. Au Malawi chaque année, des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants, provenant principalement des zones rurales, sont exploités par des trafiquants. Mais ces "crimes cachés" ne restent plus impunis.

Aujourd'hui, mon pays dispose de moyens légaux pour condamner les trafiquants de manière appropriée et fournir une protection aux victimesMaxwell Matewere, expert en prévention de la criminalité auprès de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crimeà ONU Info

Cette avancée est le fruit du travail acharné de Maxwell Matewere. Il est le principal instigateur de la loi adoptée en 2015 contre la traite des êtres humains. Ce juriste, qui a fait ses premières armes dans une ONG pour défendre les droits humains, s’est concentré sur le trafic des personnes. Depuis plus de vingt ans, il sillonne son pays pour détecter les cas, identifier et protéger les victimes. Désormais, il s'appuie sur la loi pour poursuivre les criminels. Cette année, une trentaine de trafiquants ont été arrêtés.

Je constate l'efficacité de mon travail à travers le nombre de victimes sauvées des trafiquants d'êtres humains, le nombre d'arrestations effectuées et les affaires qui sont poursuivies avec succèsMaxwell Matewere, expert en prévention de la criminalité auprès de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crimeà ONU Info

Une sensibilisation généralisée

Avec l'aide de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l'activiste malawite forme des fonctionnaires dans tout le pays pour prévenir et combattre ce crime. Policiers, contrôleurs aux frontières, agents de l'immigration, enquêteurs... tout le monde est sensibilisé au problème. Maxwell Matewere mise beaucoup sur les très influents chefs traditionnels qui peuvent contribuer au changement. Fier d’avoir sauvé des vies, il ne compte pas s'arrêter même s’il reconnaît que parfois son travail l’affecte émotionnellement.

Je vois des choses terribles, je me demande comment des personnes peuvent commettre de tels actes, en particulier à l'égard d'enfants innocentsMaxwel Matewere, expert en prévention de la criminalité auprès de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crimeà ONU Info

Maxwell Matewere est qualifié de "héros" dans son pays, mais pas seulement. En début d'année, le département d’Etat américain lui a rendu hommage pour son engagement à mettre fin à l'esclavage moderne.

La traite d'êtres humains reste un crime largement impuni à travers le monde, selon les Nations unies. La traite à des fins d'exploitation sexuelle est la forme la plus courante suivie par le travail forcé. Selon L'ONUDC, 70% des victimes détectées dans le monde sont des femmes et 23% de l'ensemble des victimes identifiées sont des mineures.