Le prix Sakharov du Parlement européen décerné au blogueur saoudien condamné à 1 000 coups de fouet

Raif Badawi est emprisonné depuis 2012 pour "insulte" envers l'islam.

Le blogueur saoudien Raif Badawi, photographié en 2012 à Jeddah (Arabie saoudite).
Le blogueur saoudien Raif Badawi, photographié en 2012 à Jeddah (Arabie saoudite). (FAMILY ALBUM / AFP)

On ignore si, du fond de sa prison, il a appris la nouvelle. Le blogueur saoudien Raif Badawi, emprisonné et condamné à la flagellation dans son pays pour "insulte" envers l'islam, a obtenu, jeudi 29 octobre, le prix Sakharov pour la liberté d'expression, décerné par le Parlement européen. 

Le condamné avait subi une première séance de flagellation le 9 janvier, mais les suivantes avaient été repoussées, d'abord pour des raisons de santé, puis pour des motifs non précisés.

Demande de grâce

Emprisonné depuis 2012, Raif Badawi a "courageusement exprimé ses idées et ses doutes sur les règles de son pays" et "s'est battu pour la liberté de tous les Saoudiens", a souligné dans un communiqué le président du Parlement européen, Martin Schulz, pour expliquer ce choix. Cet homme "courageux et exemplaire" est soumis à une "peine cruelle (...) que l'on ne peut objectivement que qualifier de torture", a ajouté Martin Schulz.

Les parlementaires ont appelé à sa libération "immédiate""Je demande au roi d'Arabie saoudite de gracier et libérer immédiatement Raif Badawi, pour qu'il puisse venir chercher son prix" lors d'une cérémonie prévue le 16 décembre à Strasbourg, a plaidé le président du Parlement devant les eurodéputés. Ceux-ci se sont levés et ont longuement applaudi la décision prise un peu plus tôt par les chefs de file de leurs groupes politiques.

Depuis le Canada, où elle est réfugiée, l'épouse du lauréat s'est déclaré "très heureuse". La décision des parlementaires européens est "un message d'espoir et de courage", et le signe que "Raif n'est pas coupable", a souligné à l'AFP Ensaf Haidar.