La CPI confirme les charges contre deux candidats à la présidentielle au Kenya

Le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta et l'ex-ministre de l'Enseignement supérieur William Ruto sont accusés de crimes contre l'humanité. En 2007-2008, des violences postéléctorales ont fait 1 200 morts.

Le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta (G) et l\'ancien ministre de l\'Enseignement supérieur William Ruto (D).
Le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta (G) et l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur William Ruto (D). (REUTERS / REUTERS STAFF)

La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé lundi 23 janvier les charges contre quatre Kényans, dont deux candidats à la présidentielle de 2013, soupçonnés de crimes contre l'humanité lors des violences postélectorales de 2007-2008, ouvrant la voie à des procès.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a ouvert en 2010 une enquête sur ces violences à caractère politico-ethnique, qui avaient fait quelque 1 200 morts dans les deux camps et plus de 600 000 déplacés, après la réélection contestée du président Mwai Kibaki.

Les accusés semblent sereins

Il y a "des motifs substantiels de croire" que le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta et l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur William Ruto, sont "pénalement responsables" des crimes allégués par l'accusation, a déclaré la juge Ekaterina Trendafilova, à La Haye (Pays-Bas).

"J'ai coopéré avec la CPI tout au long du processus et continuerai de la faire parce que je crois en l'Etat de droit", a aussitôt réagi Uhuru Kenyatta, assurant avoir la "conscience tranquille". William Ruto a, de son côté, qualifié d'"étranges" les charges retenues contre lui, et assuré maintenir sa candidature à la prochaine élection présidentielle kényane.

La défense et l'accusation peuvent encore faire appel

"La présomption d'innocence reste pleinement intacte", a souligné la juge Trendafilova. "Lors du procès, l'accusation devra établir la culpabilité des accusés au-delà de tout doute raisonnable", a-t-elle ajouté. La défense et l'accusation ont cinq jours ouvrables pour demander aux juges de la chambre préliminaire de les autoriser à faire appel.

Une fois les charges définitivement confirmées, la date de l'ouverture du procès dépendra du nombre de charges, de la nature des crimes et du nombre de suspects, indique Fadi El-Abdallah, le porte-parole de la CPI. La Cour a reconnu à 560 personnes la qualité de victimes autorisées à participer à la procédure.