Manifestations au Kenya : le bilan passe à au moins 30 morts, selon Human Rights Watch

Mercredi, au lendemain d'une journée de mobilisation antigouvernementale émaillée de violences, l'organisme officiel de défense des droits humains, la Kenya National Human Rights Commission (KNHRC), avait fait état d'au moins 22 victimes.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Des personnes assistent aux funérailles d'un jeune homme de 19 ans tué lors des manifestations antigouvernementales, à Nairobi, au Kenya, le 28 juin 2024. (GERALD ANDERSON / ANADOLU / AFP)

Le bilan s'alourdit encore, quatre jours après les manifestations antigouvernementales de mardi, au Kenya. Au moins 30 personnes ont été tuées lors de cette journée de mobilisation, selon un bilan publié samedi 29 juin par Human Rights Watch (HRW). Alors que les autorités n'ont communiqué aucun bilan de cette journée meurtrière, l'ONG est arrivée à ce décompte sur la base "de témoignages, d'informations accessibles au public, de registres hospitaliers et mortuaires".

Un précédent bilan de l'organisme officiel de protection des droits humains (KNHRC) avait fait état mercredi de 22 personnes tuées dans le pays. Le Groupe de travail de réformes de la police, regroupement d'ONG locales dont la branche kényane d'Amnesty International, avait affirmé pour sa part avoir dénombré, au soir du 25 juin, 23 morts "causés par des tirs de la police".

Selon HRW, ses enquêteurs ont vu 26 corps de manifestants dans différentes morgues de Nairobi, et d'autres recherches "montrent que la police a tué au moins trois personnes dans la ville d'Eldoret, une personne à Nakuru et une à Meru", a affirmé l'ONG dans un communiqué. Elle y rapporte également le témoignage d'un militant de protection des droits humains affirmant que 22 personnes ont été tuées par des "militaires" à Githurai, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nairobi. 

Les ONG accusent la police d'avoir tiré sur la foule

"Tirer directement sur la foule sans justification, y compris lorsque des manifestants tentent de fuir, est totalement inacceptable au regard du droit kényan et international", a déclaré dans ce communiqué le directeur associé de HRW pour l'Afrique, Otsieno Namwaya. Comme plusieurs autres ONG, elle accuse la police d'avoir tiré à balles réelles, notamment sur la foule massée devant le Parlement, et appelle "les autorités kényanes à enquêter rapidement mais de manière crédible et transparente sur les abus commis par les forces de sécurité".

Après deux manifestations largement pacifiques les 18 et 20 juin, la troisième journée du mouvement "Occupy Parliament" ("Occuper le Parlement"), lancé sur les réseaux sociaux pour s'opposer au projet de budget 2024-25 du gouvernement dirigé par le président William Ruto prévoyant l'instauration de nouvelles taxes, a viré au bain de sang. Cette contestation a fortement mobilisé la jeunesse kényane, avant d'entraîner dans son sillage des Kényans de tous âges. Le mot d'ordre antitaxes est devenu antigouvernemental.

Mercredi, le président Ruto a annoncé le retrait du projet de budget voté par le Parlement.

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