Cet article date de plus de trois ans.

Investir dans l'agriculture pour lutter contre la faim et le réchauffement

Le Fonds international de développement agricole (Fida) plaide pour une augmentation des aides au secteur agricole afin de lutter contre la faim et le réchauffement climatique. Son président, Gilbert Houngbo, a d'ores et déjà prévenu que «sans investissement en milieu rural», où vivent 80% des pauvres, «le problème des migrations pourrait s'amplifier». L'Afrique est particulièrement concernée.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'ex-Premier ministre togolais Gilbert Houngb préside le Fonds international de développement agricole (Fida) depuis février 2017. (Riccardo Savi / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Début décembre à Paris, Gilbert Houngbo, président du Fida, ne s'est pas voulu «alarmiste». Mais l'ex-premier ministre togolais a néanmoins prévenu que sans une aide urgente allouée aux petits paysans menacés par le réchauffement climatique et l'insécurité alimentaire, particulièrement en Afrique, le flux des migrants et réfugiés risquait inévitablement de grossir. 

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) confirme que la population d'Afrique subsaharienne, qui atteignait 645 millions de personnes en 2015, «est appelée à augmenter de 1,4 milliard d'ici 2055». Ce qui constitue «une caractéristique démographique unique dans l'histoire mondiale». La population rurale devrait ainsi augmenter de 63% d'ici la moitié du siècle, selon la FAO qui précise, dans son premier Atlas sur les migrations rurales en Afrique subsaharienne, publié en novembre 2017, que c'est même «la seule région au monde où la population rurale continuera de croitre après 2050» 

La FAO relève qu'après une décennie d'amélioration quasi-constante, la sous-alimentation a progressé en Afrique en 2016 atteignant 22,7% de la population contre 20,8% en 2015. La faim toucherait ainsi quelque 224 millions de personnes, soit un quart de la population mondiale. Cette augmentation est la conséquence des conflits, au Soudan du sud notamment, et des sécheresses en Ethiopie et Somalie, imputées au réchauffement climatique, d'après la FAO.

250 millions de pauvres en Afrique
Avec l'intensification du réchauffement, «des moyens de subsistance disparaîtront, et les pressions d'origine climatique pourraient contraindre des populations à abandonner leurs habitations et leurs communautés, à la recherche de meilleures conditions de vie», avertit Gilbert Houngo. 

Une très large majorité 250 millions de personnes très pauvres en Afrique (vivant avec moins de 1,90 dollars par jour) habitent en zones rurales. Sur 800 millions de pauvres dans le monde, 80% habite dans des zones rurales et 65% exerce une activité agricole, selon le Fida.
L'agence onusienne basée à Rome précise que les chercheurs sont mobilisés pour sécuriser «les récoltes de manioc, patate douce ou igname, constituant la base de l'alimentation en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest», ces cultures étant menacées par les maladies virales.

L'Union Européenne va investir dans l'agriculture durable, afin de trouver des solutions pour augmenter les rendements des récoltes en zones sèches, et protéger les cultures contre sécheresse, inondations, parasites ou maladies végétales.

Des ONG comme Oxfam ou CCFD Terre Solidaire militent depuis longtemps pour le soutien aux populations rurales. L'agriculture devra également absorber une grande partie des 12 à 18 millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Ces derniers représentent une énorme opportunité pour dynamiser l'agriculture africaine.

50% des terres arables inexploitées
Malgré ses nombreuses potentialités, le continent africain dispose de plus de 50 % des terres arables inexploitées au monde mais l'Afrique dépense plus de 35 milliards de dollars américains par an pour l’importation de denrées alimentaires. Un rapport souligne que, d’ici 2025, qu'elle sera obligée de dépenser 110 milliards pour l’importation des aliments. 

«Une seule personne, une seule institution ou un pays ne peut changer le visage de l'agriculture en Afrique. Ensemble on y parviendra», affirmait l'ex-premier ministre togolais, élu à la tête du Fida en février 2017, dans une interview accordée au site Financial Afrik. Il afirmait alors que «50% des ressources (du Fida) sont consacrées à l'agriculture en Afrique».

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Afrique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.