Côte d'Ivoire : découverte de pétrole et de gaz offshore, une première depuis vingt ans

Faute d'importante découverte, les majors du pétrole commençaient à se retirer de la région. Mais l'offshore profond dans le Golfe de Guinée est-il encore rentable ?

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Ingénieur ivoirien sur une plateforme offshore, située à 100 km d'Abidjan en novembre 2009. Un gisement de gaz naturel appelé Foxtrot a été découvert en 1999.  (ISSOUF SANOGO / AFP)

La compagnie italienne Eni vient d’annoncer la découverte de pétrole et de gaz à 60 kilomètres des côtes ivoiriennes, à la frontière avec le Ghana. Cela faisait plus de vingt ans que l’exploration industrielle dans les eaux profondes du pays était sans découverte commerciale.

Le retrait d'Exxon du Ghana

L’offshore profond du Golfe de Guinée révèle un énorme potentiel (par ses similarités avec les côtes brésiliennes), mais à 60 dollars le baril est-il encore rentable et n’arrive-t-il pas trop tard, alors que les majors doivent opérer un tournant vers les énergies renouvelables ? C’est la question que l’on peut se poser après le retrait inattendu d’ExxonMobil du Ghana, annoncé en juin 2021. "ExxonMobil donne la priorité aux investissements de court terme réalisés sur des actifs triés sur le volet et présentant des coûts compétitifs, notamment en Guyane, au Brésil et dans le golfe du Mexique", affirmait Preba Arkaah, porte-parole du groupe Exxon au Ghana, à Reuters.

C’est dans ce contexte que la Côte d’ivoire a annoncé le 1er septembre 2021 une importante découverte de pétrole et de gaz en eau profonde (-2000 mètres) avec une nappe située à plus de 3 500 mètres sous le niveau de la mer. "Le potentiel peut être estimé de manière préliminaire à environ 1,5 à 2 milliards de barils de pétrole brut, d'une part, et d'autre part à environ 1 800 à 2 400 milliards de pieds cubes (un pied cube représente un volume d'environ 28 litres, NDLR) de gaz associé", a précisé le ministre ivoirien des Mines et du Pétrole, Thomas Camara.

En cas de confirmation des données post-forage, la Côte d’Ivoire pourrait tripler sa production pétrolière qui tourne autour de 35 000 barils par jour actuellement. Mais les majors du secteur ont plutôt tendance à privilégier les gisements les plus faciles et les plus rentables. D'autant qu'elles sont poussées par les Etats et les opinions publiques à se recentrer sur les énergies vertes.

L'offshore profond moins rentable 

Faute de découvertes importantes ces dernières années dans le Golfe de Guinée, les grosses sociétés pétrolières sont tentées de se retirer. A un baril à 60 dollars, il est peu rentable d’aller le chercher en très grande profondeur. De plus, le pétrole et le gaz n’ont plus la cote avec la nécessaire transition énergétique. 

Alors que la pression mondiale s’intensifie pour se défaire des hydrocarbures et se tourner vers les énergies vertes, les majors du pétrole ont tendance à privilégier les projets les plus rentables. Ainsi, le pétrole et le gaz découverts au large de la Côte d'Ivoire à une profondeur de plus de 3 000 mètres sera-t-il rentable à exploiter ? Cela dépendra essentiellement de l’évolution du prix du pétrole.

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