Les pays de l'Afrique de l'Ouest s'accordent sur une stratégie régionale de transition climatique

Les 15 pays de la de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) formulent leurs premiers engagements sur le climat à l'horizon 2030.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Les drapeaux d'une partie des 15 pays de la Communauté économique des pays d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à l'aéroport international d'Accra, au Ghana, le 15 septembre 2020. (NIPAH DENNIS / AFP)

Les pays de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se sont mis d'accord sur une stratégie régionale pour faire face au réchauffement climatique. Ils se sont fixés des objectifs communs d’atténuation et d’adaptation à l’horizon 2030, qui entrent dans le cadre de l’accord de Paris. Atténuation, c'est-à-dire limiter les émissions de gaz à effet de serre et protéger les forêts et les sols. Avec l’aide des bailleurs de fonds et de l'Union européenne, ils ont prévu d’investir 278 milliards d'euros dans les dix prochaines années pour répondre à ce défi.

L’Afrique est le continent qui contribue le moins aux émissions de gaz à effet de serre, mais il est parmi les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques, notamment dans la zone sahélienne.

"C'est important que nous nous réveillions car notre environnement est en train d'être détruit. Si nous perdons nos forêts et nos terres alors nous allons tous migrer. Donc, c'est la raison pour laquelle il nous faut protéger l'environnement."

Sekou Sangare, Commissaire en charge de l'agriculture et de l'environnement

à l'AFP

Impact sur les cultures et les ressources en eau

L'impact du changement climatique devrait notamment avoir un impact sur la sécurité alimentaire et sur les ressources en eau, selon l’ONU : d'ici à 2050, le rendement agricole moyen devrait baisser de 12% à 25% pour le mil, le sorgho, le niébé, l’arachide, le maïs et le riz.

Les débits des cours d’eau de la région devraient diminuer de 20 à 40% sur la même période, entraînant des répercussions sur la fourniture d’hydroélectricité. A cela s’ajoute une grave érosion des côtes, alors que les zones littorales de l’Afrique de l’Ouest accueillent un tiers de la population et génèrent 56% de son économie.

D’ici à 2050, les facteurs climatiques pourraient donc peser sur l’économie et contraindre jusqu’à 32 millions de personnes à migrer à l’intérieur de la région.

Eviter les erreurs d'une industrialisation polluante

Le faible niveau de développement de plusieurs pays de la zone Cédéao, souvent vu comme une faiblesse, peut paradoxalement être l’occasion d’éviter les erreurs faites ailleurs et de tirer profit des opportunités économiques liées à la transition climatique, "de manière à engager dès à présent des trajectoires de développement résilientes et sobres en carbone", affirme l'organisation ouest-africaine. Cette vision nécessite un engagement politique résolu et de long terme pour améliorer les politiques, mesures et programmes régionaux en fixant des objectifs dans tous les secteurs (énergie, agriculture, élevage, eau, infrastructures, santé, gestion des risques de catastrophe).

"L'Afrique de l'Ouest doit saisir les opportunités économiques afférentes en faveur d’un développement durable de long-terme sobre en carbone, pour faire du climat une priorité de l’action politique de la région", conclut le rapport de la Cédéao. Il faut agir sans attendre car les changements climatiques impactent déjà le quotidien de la population et le développement économique des pays. 

Passer à l'action

"Il est temps de passer aux actes. Il est temps de tenir la promesse des 100 milliards de dollars par an faite à Paris", a déclaré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres le 1er mai à Dakar, lors de sa tournée ouest-aficaine. Les pays développés se sont engagés dans le cadre de l'accord de Paris à accorder collectivement cette somme aux pays du Sud pour les aider à financer leur transition écologique et à s'adapter aux conséquences du réchauffement climatique.

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