La relance de l'exploitation forestière en RDC serait "une catastrophe", selon des ONG

Kinshasa prévoit la levée d'un moratoire sur l'octroi de nouveaux titres d’exploitation.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Une vue de la forêt après la destruction de quelque 850 hectares près de Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, le 25 septembre 2019. (SAMIR TOUNSI / AFP)

Des organisations de défense de l'environnement ont alerté les bailleurs de fonds internationaux pour le climat sur les conséquences de nouvelles attributions des concessions forestières en République démocratique du Congo.

La fin du moratoire

Depuis plusieurs semaines, des ONG environnementales – dont notamment Greenpeace et Rainforest – mettent en garde contre une relance de l’exploitation forestière industrielle en République démocratique du Congo. En cause, la levée du moratoire de 2002 sur l'attribution de nouvelles concessions. Pour le gouvernement, il s’agit d'"une mesure urgente" dans le cadre d’un projet global au nom de la gestion durable des ressources naturelles du pays. Les ONG y voient plutôt une menace imminente, voire une catastrophe.

"C'est un plan cynique qui ne ferait que céder encore plus du territoire de la RDC à des entreprises étrangères désireuses de saccager la forêt ouvrant un nouveau boulevard aux (industriels) forestiers"

Irène Wabiwa Betoko, cheffe de la campagne Greenpeace Afrique pour la forêt du Bassin du Congo

Dans un communiqué

Manque de planification

Les ONG ne comprennent pas l’empressement du gouvernement congolais et dénoncent le flou et l’absence de planification concernant l’utilisation des terres. Selon elles, la levée du moratoire, dans les conditions actuelles, pourrait permettre de tripler la superficie de l’exploitation forestière dans des zones abritant "des milliers de communautés locales et de peuples autochtones", ainsi que "des espèces menacées". Parmi les zones susceptibles d'être cédées aux forestiers, "il y aurait plus d'un million d'hectares dans des tourbières", dont l'exploitation pourrait, selon elles, libérer une quantité de dioxyde de carbone estimée à plus de 10 milliards de tonnes.

Avec sa forêt tropicale qui couvre plus de la moitié de son territoire, la République democratique du Congo représente "un réservoir de carbone et une biodiversité d’importance mondiale", soulignent les organisations de défense de l’environnement qui appellent la communauté internationale à réagir.

Malgré les nombreux manquements, le moratoire et le code forestier de 2002, ont permis jusque-là, de protéger au mieux la forêt tropicale de la RDC.

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