En inaugurant le plus grand parc éolien d'Afrique de l'Ouest, le Sénégal parie sur les énergies renouvelables

Le parc éolien de Taïba Ndiaye, à l'ouest du pays, a été officiellement inauguré le 24 février 2020 par le président sénégalais Macky Sall. Il est présenté par ses promoteurs comme le plus grand projet à l'échelle industrielle d'Afrique de l'Ouest. 

Des éoliennes de la centrale de Taïba Ndiaye (ouest du Sénégal), présentée comme la plus importante du genre en Afrique de l\'Ouest. Photo prise le 23 octobre 2019.
Des éoliennes de la centrale de Taïba Ndiaye (ouest du Sénégal), présentée comme la plus importante du genre en Afrique de l'Ouest. Photo prise le 23 octobre 2019. (ADRIEN BARBIER / AFP)

Le premier parc de turbines à dimension industrielle du pays, installé à Taïba Ndiaye (ouest du Sénégal), inauguré le 24 février 2020 par le président sénégalais Macky Sall. Il devrait être totalement opérationnel dès le mois de mai, selon la société britannique Lekela Power qui mène le projet (les travaux ont été réalisés par l'entreprise danoise Vestas). Présenté comme le plus grand du genre en Afrique de l'Ouest, ledit projet fournira 158,7 mégawatts dès juin 2020, permettant ainsi d'alimenter près de deux millions de personnes (sur une population de 16 millions de Sénégalais). Grâce à ses 46 éoliennes, l'installation devrait "injecter 15% d’énergie supplémentaire dans le réseau électrique" du pays, rapporte Le MondeL'ensemble devrait coûter 200 milliards de francs CFA (342 millions d'euros).

Depuis décembre 2019, 16 éoliennes alimentent déjà le réseau de la Société nationale d'électricité, la Senelec, selon Lekela. A terme, 158,7 mégawatts seront livrés par 46 éoliennes. Lesquelles s'élèvent jusqu'à 180 mètres de haut dans cette zone rurale proche de l'Atlantique. 

Pari sur les énergies renouvelables

Lors de l'inauguration, le président sénégalais, qui a évoqué la possibilité d'un nouveau contrat pour augmenter encore les capacités de l'installation. Il a présenté le parc comme un moyen d'atteindre l'objectif de fournir l'électricité à l'ensemble de la population et de combattre le réchauffement climatique. Taïba Ndiaye "permettra d'éviter le rejet de 300 000 tonnes de gaz carbonique par an. Avec la dynamique que nous avons lancée depuis 2014, nous en sommes désormais à 22% d'énergie renouvelable disponible sur l'ensemble de notre réseau national", a-t-il affirmé.

Le développement énergétique est un chapitre prioritaire du Plan Sénégal Emergent (PSE), élaboré par les pouvoirs publics. Plan qui est le "référentiel de la politique économique et sociale (du pays) sur le moyen et le long terme", aux dires des autorités. Aujourd'hui, seuls 45% des Sénégalais ont accès à l'électricité, avec une forte disparité aux dépens des campagnes.

Dans ce contexte, le Sénégal parie sur les énergies renouvelables. Depuis son élection en 2012, le président Macky Sall a déjà inauguré quatre centrales solaires, dont la plus grande d'Afrique de l'Ouest. "A terme, les énergies renouvelables devraient composer 30% du mix énergétique" (comprendre : la répartition des différentes sources d'énergie) du pays, selon Le Monde. Taïba Ndiaye devrait en fournir la moitié. Aujourd'hui, le pétrole et le charbon importés prédominent lourdement dans le "mix énergétique" du pays. Grâce au fonctionnement à plein régime de Taïba Ndiaye, l'éolien représentera la moitié de l'énergie renouvelable disponible, à côté du solaire.

Avec son ensoleillement et plus de 500 km de côtes balayées par les vents atlantiques, le Sénégal dispose d'un potentiel d'énergie propre important.