VIDEO. L'Egypte et les militaires

L'armée égyptienne est au pouvoir depuis soixante ans ; on sait moins qu'elle dirige aussi en partie l'économie du pays. Une emprise difficile à quantifier, mais qui constituerait un des facteurs de la crise actuelle.

4 juillet 2013 La foule qui fête la destitution de Mohamed Morsi brandit le portrait du général Al-Sissi à côté de celui du colonel Nasser. Ou soixante ans de toute-puissance militaire en raccourci... Repères :

23 juillet 1952  Le roi Farouk, faible et corrompu, est renversé par un coup d'Etat dirigé par un jeune officier : Gamal Abdel Nasser, qui deviendra la figure tutélaire du nationalisme égyptien. 

10 juin 1967 La guerre des Six Jours se solde par la défaite de l'Egypte contre Israël. L'armée, humiliée, conserve pourtant son emprise sur le pays.

17 septembre 1978 Les accords de Camp David mettent un terme aux tensions avec Israël.

Quarante-six ans plus tard, c'est un général, Al-Sissi, qui fait chuter Mohamed Morsi, le président élu dont il était le ministre. Mais depuis la paix avec Israël, les généraux se sont reconvertis... dans l'économie, d'abord avec Anouar El-Sadate (au pouvoir de 1970 à sonn assassinat en 1981), puis surtout Hosni Moubarak. L'armée devient le premier propriétaire terrien égyptien. A la saison des récoltes, les casernes travaillent aux champs. Les 450.000 militaires forment bien plus qu'une armée.

Si le chiffre régulièrement cité de "30 % de l'économie contrôlé par les militaires" est invérifiable, "de fait, l'armée est un prédateur économique colossal. Dans une absence de redistribution, ce corps, cette caste se sert elle-même et vit sur la bête", explique Sophie Pommier (Méroé-Consulting), pour qui "l'Egypte ne sortira de la crise que quand elle aura réussi à contrecarrer cette emprise des militaires sur l'économie".

Un soldat égyptien surveille la Cour suprême constitutionnelle, au Caire (Egypte), lundi 19 août.
Un soldat égyptien surveille la Cour suprême constitutionnelle, au Caire (Egypte), lundi 19 août. (AMR NABIL / AP / SIPA)