Egypte : face-à-face entre le pouvoir et les pro-Morsi au Caire

Le gouvernement intérimaire juge que ces rassemblements constituent "une menace pour la sécurité nationale" et demande au ministère de l'Intérieur d'agir.

Des soutiens du président déchu Mohamed Morsi défilent dans les rues du Caire, en Egypte, mardi 30 juillet 2013. 
Des soutiens du président déchu Mohamed Morsi défilent dans les rues du Caire, en Egypte, mardi 30 juillet 2013.  (MOHAMED ABD EL GHANY / REUTERS )

Les partisans du président égyptien déchu Mohamed Morsi ont appelé à poursuivre la mobilisation de rue, coûte que coûte, mercredi 31 juillet. Face aux sit-in de contestation, initiés lundi au Caire, le gouvernement et la police ont demandé aux islamistes de mettre fin à leur mobilisation. Sans succès. 

Interrogé pour savoir si ces rassemblements allaient cesser, Gehad el-Haddad, porte-parole de la coalition pro-Morsi, a lancé, déterminé: "Rien ne va changer". Il a accusé les nouvelles autorités de "chercher à terroriser les Egyptiens"

L'Intérieur chargé de prendre "les mesures nécessaires"

Le gouvernement intérimaire juge que ces rassemblements constituent "une menace pour la sécurité nationale". Mercredi, il a chargé le ministère de l'Intérieur de prendre "les mesures nécessaires" pour mettre fin aux sit-in des partisans de l'ancien président, issu du parti Liberté et Justice, vitrine politique des Frères musulmans.

"La poursuite de situations dangereuses sur les places Rabaa al Adaouia [nord-est du Caire] et Al-Nahda [près de l'université], le terrorisme qui en découle, ainsi que les rues bloquées, ne sont plus acceptables", a déclaré le gouvernement. Plusieurs milliers de partisans du président islamiste, destitué le 3 juillet par l'armée après des manifestations massives, occupent depuis plus d'un mois ces deux places dans la capitale.

C'est au cours de l'un de ces rassemblements, près de la mosquée Rabaa al Adaouia, qu'au moins 72 partisans de la confrérie ont été tués samedi, à l'aube. Ce reportage de France 3, dans les rangs des Frères musulmans, décrit une "radicalisation des discours, un air sanglant de guerre civil", au fur et à mesure que tombent "les martyrs" dans les manifestations

Des cadres de la confrérie devant les tribunaux

Les autorités égyptiennes ont par ailleurs annoncé mercredi la traduction en justice de Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans, et de deux autres cadres de la confrérie pour incitation à la violence.

Actuellement recherché, Mohamed Badie doit être jugé pour "incitation au meurtre" de manifestants, tout comme les deux autres cadres de la confrérie, emprisonnés. Ils sont accusés d'avoir incité au meurtre de personnes qui manifestaient devant le quartier général des Frères musulmans, au Caire le 30 juin, trois jours avant le renversement du président Mohamed Morsi.