Le Rwanda se tourne vers le tourisme de luxe

Et si la prochaine destination à la mode devenait le Rwanda? Ce petit pays niché au milieu du Congo, du Burundi, de l’Ouganda et de la Tanzanie veut devenir une destination prisée par les plus fortunés.

Une vue depuis le lac Kivu, à Gisenyi, en avril 2016. 
Une vue depuis le lac Kivu, à Gisenyi, en avril 2016.  (PABLO PORCIUNCULA / AFP)

Désormais au Rwanda, il faudra débourser 1500 dollars, soit 1300 euros, pour pouvoir aller observer les primates. C’est deux fois plus qu’avant et bien plus coûteux que dans les pays limitrophes, le Congo (400 dollars) et l’Ouganda (600 dollars). L’objectif affiché par l’Office du tourisme rwandais est d’attirer une clientèle plus riche, prête à débourser des sommes plus élevées.
 
Quatre jours en moyenne 
«Il s’agit d’une activité exceptionnelle qui doit être limitée à un petit nombre», confie Clare Akamanzi, la directrice de l’Office rwandais du développement. Pourtant, parmi les professionnels de l’hôtellerie, une inquiétude règne. Pour les établissements qui n’ont pas forcément misé sur le très haut de gamme, la hausse du prix des permis pour les visites pourrait faire perdre une clientèle précieuse, d’autant plus que les prix sont moins élevés dans les pays environnants.

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En misant sur le luxe, le Rwanda espère tirer des marges élevées. De plus, si seule une élite peut se déplacer, l’impact sur l’environnement notamment, sera réduit. Ainsi, le Rwanda compte devenir une destination où les touristes se sentent privilégiés et restent plus longtemps. Aujourd’hui, les vacanciers viennent quatre jours en moyenne.

Des ambitions à long terme
En plus du treck et de la visite dans les zones où l'on trouve des gorilles, les touristes se déplacent fréquemment au mémorial du génocide. Entre ces deux destinations, ils n’ont pas forcément plus de raisons de rester très longtemps dans ce petit pays et préfèrent continuer leur voyage à travers la région.
 
Le développement de la filière touristique au Rwanda est un processus entamé il y a quelques années. En 2012, seulement 6,5% des employés travaillaient dans le secteur du voyage et du tourisme; en 2023, le gouvernement espère atteindre le chiffre de… 22%.

 
Des effets indécis 
Les effets de ce tournant dans la stratégie de tourisme du Rwanda sont difficiles à anticiper. S’il y a moins de touristes qui viennent, il n’est pas assuré que le nombre d’emplois, notamment dans l’hôtellerie, va réellement augmenter. De même, rien ne dit que les touristes voudront à l’avenir rester plus longtemps au Rwanda, qui peut, certes, développer des activités, mais qui reste un petit pays. Peut-être une stratégie globale au niveau de la communauté d’Afrique de l’Est aurait été plus judicieuse et efficace pour faire de cette région une destination touristique réputée.