Faire de l’eau avec de l’air, l’idée d’une jeune entreprise kényane primée par EDF

Elle s’appelle Beth Koigi, est âgée de 27 ans, vient du Kenya et propose un système capable de fabriquer de l’eau avec de l’air. Son invention attire tous les regards. Après avoir remporté la première édition du prix EDF Pulse Africa en 2017, elle concourt cette année au Africa Prize for Engineering Innovation.

La machine à fabriquer de l\'eau présentée par les trois associées de Majik Water. Au centre Beth Koigi.
La machine à fabriquer de l'eau présentée par les trois associées de Majik Water. Au centre Beth Koigi. (Majik Water)

A première vue, le postulat semble étrange : faire de l'eau à partir de l'air. C'est bien plus évident quand on sait, comme le dit Beth Koigi, qu’"il y a six fois plus d’eau dans l’air que dans toutes les rivières de la planète". Le tout est de capturer cette humidité ambiante et de la transformer en eau potable.

Le procédé mis au point par la jeune pousse kényane est en tout cas suffisamment novateur pour raffler les prix comme indiqué fièrement sur le site internet de la société. EDF a déjà primé l'inovation et cette année 2019, pour l'Africa Prize for Engineering Innovation, Majik Water figure dans l'ultime liste.

On connaît les absorbeurs d’humidité qu’on place dans les caves ou les salles de bain, dont le pouvoir de récupération d’eau est assez spectaculaire. Le principe de la machine de Beth Koigi est le même. Des matériaux hydrophiles ou des gels de silices capturent l’humidité de l’air. On chauffe ensuite le gel pour en libérer l’eau, qui est finalement distillée.

Un centime le litre

Le rendement actuel est de dix litres d’eau par jour pour un taux d’hygrométrie de 58%. L’objectif est d’atteindre les cent litres pour un coût inférieur à un centime par litre. Un exploit rendu possible grâce à l’énergie solaire utilisée lors des phases d’évaporation et de filtration de l’eau. Un panneau solaire de 400 watts suffit pour faire tourner le système.

La société a été baptisée Majik Water. On apprécie d'autant plus le jeu de mots quand on sait que littéralement en swahili, majika signifie récolte d’eau. Et comme le proclame la société sur son site internet : "Si vous avez de l’air, vous pouvez avoir de l’eau potable."  C'est particulièrement intéressant dans les régions où la fourniture d’eau potable est défaillante. Une situation qu’a bien connue Beth Koigi lorsqu’elle était étudiante. Dans son dortoir, l’eau était souillée et contaminée. C’est ce qui l’a poussée à explorer le monde de la filtration.

Si la purification de l’eau n’est pas une nouveauté, l’intérêt de la machine réside dans son coût de revient. Mais son arme ultime reste la fabrication d’eau : quelque chose de magique !