Covid-19 : les voyagistes marocains menacés de faillite

Ils appellent à la réouverture des frontières. 

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Des membres de l'Association nationale des agences de voyages du Maroc (ANAVM) protestent contre la fermeture des frontières lors d'une manifestation à Rabat, le 4 janvier 2022. (STR / AFP)

Menacés de faillite à cause de la fermeture des frontières, les voyagistes marocains ont appelé, mardi 4 janvier, Rabat à "sauver" le tourisme, secteur vital de l'économie du royaume, quasiment à l'arrêt à la suite de la reprise de la pandémie de coronavirus. Environ 200 professionnels représentant des agences de voyages ont manifesté devant le siège du ministère du Tourisme pour exiger des mesures de soutien à leurs activités et à une réouverture des frontières. Patrons comme salariés de tour-opérateurs ont également réclamé l'ouverture d'un dialogue avec les autorités face à "l'effondrement dramatique" du secteur depuis le début de la pandémie.

Tourisme en berne

Tous les vols de passagers au départ et à destination du Maroc sont suspendus depuis le 29 novembre et au moins jusqu'au 31 janvier en raison de la flambée du variant Omicron. 

"La dernière fermeture des frontières est un coup fatal, d'autres pays concurrents en ont profité, comme la Turquie, l'Egypte ou les Emirats."

Raja Ould Hamada, propriétaire d'une agence de voyages à Marrakech

à l'AFP

Si en 2019 les recettes du secteur touristique, qui pèse près de 7% du PIB, avoisinaient 80 milliards de dirhams (7,5 milliards d'euros) pour 13 millions de touristes, elles avaient chuté de 65% début 2021, à 28 milliards de dirhams, selon les chiffres officiels. L'impact social est également dévastateur : entre 20% et 30% des emplois du secteur ont déjà été détruits, selon Lahcen Zelmat, président de la Fédération nationale de l'industrie hôtelière (FNIH). "Nous n'avons reçu aucun soutien, ni matériel ni moral. Nous demandons aux responsables du ministère de nous écouter et d'entendre nos difficultés", se désole Raja Ould Hamada. La Fédération nationale de l'industrie hôtelière demande "le report des crédits bancaires et la prise en charge des intérêts par l'Etat et surtout qu'on nous laisse travailler en rouvrant les frontières".

"Préserver les acquis"

Face aux critiques, la ministre du Tourisme Fatim-Zahra Ammor s'est engagée à appliquer urgemment un vaste plan de soutien. Une aide mensuelle de 2 000 dirhams (environ 190 euros) a été promise aux salariés du secteur pour le dernier trimestre de 2021. Sous l'effet des restrictions, les pertes liées aux activités touristiques ont été évaluées à "au moins un milliard de dirhams" pour la saison des fêtes de fin d'année, selon un opérateur cité le mois dernier par le site d'information économique Medias24

Les autorités justifient les mesures drastiques "pour préserver les acquis du Maroc dans la lutte contre la pandémie". Le Maroc a enregistré 4 299 nouveaux cas au cours des dernières 24 heures, a indiqué le 4 janvier le ministère de la Santé et de la Protection sociale, et 14 867 décès depuis le début de la pandémie en mars 2020.

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