1,8 milliard de dollars pour aider le Soudan à sortir de la crise

Une quarantaine de pays, réunis en visioconférence sous l'égide des Nations unies et de l'Union européenne, sont tombés d'accord sur la fourniture d'une aide, afin d’accompagner les réformes liées à la transition démocratique soudanaise.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier et le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok, le 27 février 2020, lors d\'une rencontre préparatoire à la conférence des donateurs qui s\'est tenue le 25 juin 2020 en visioconférence.
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier et le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok, le 27 février 2020, lors d'une rencontre préparatoire à la conférence des donateurs qui s'est tenue le 25 juin 2020 en visioconférence. (27, 2020. Mahmoud Hjaj / Anadolu Agency)

Une bouée pour sauver le Soudan de la noyade. La communauté internationale a promis, le 25 juin 2020, une aide de 1,8 milliard de dollars à Khartoum, dont la transition démocratique est menacée par une sévère crise économique, aggravée par la pandémie de coronavirus. Près de 500 millions de dollars seront affectés à un programme d'aide aux familles soudanaises les plus précaires.

Encourager la transition démocratique

L'aide sera notamment affectée à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Le pays a enregistré près de 8 900 cas dont environ 550 décès, selon les chiffres officiels. Les Soudanais font face à une pénurie de médicaments, provoquée par une chute des importations liée à la crise économique et au manque de devises.

Cette conférence ouvre un nouveau chapitre dans la coopération entre le Soudan et la communauté internationale pour la reconstruction du paysHeiko Maas, ministre allemand des Affaires étrangèresà l'AFP

Le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, a salué un résultat "sans précédent", qui jette des "bases solides pour aller de l'avant".

Après une récession en 2019 (-2,5%), le Soudan devrait enregistrer une nouvelle contraction de son économie (-8%) en 2020, selon le Fonds monétaire international. Plus d'un an après la chute du président Omar el-Béchir sous la pression de la rue, le pays doit aussi composer avec une hausse des prix galopante et une énorme dette publique.

Chute des recettes pétrolières

Depuis l'indépendance en 2011 du Soudan du Sud, dont la production pétrolière était une source de richesses pour Khartoum, les rentrées de devises ont chuté. Les manifestations contre les hausses de prix se multiplient, faisant craindre un échec de la transition démocratique.

Les contributeurs ont salué les "premiers progrès" réalisés depuis un an dans le recouvrement des biens mal acquis de l'ex-président el-Béchir et de son entourage. La communauté internationale voit aussi d'un œil favorable l'abrogation d'une "législation discriminatoire à l'égard des femmes" dont la récente interdiction officielle de l'excision.

Mais ils ont souligné que le Soudan, pour obtenir de futurs financements, devrait entreprendre de nouvelles réformes économiques et sociales, notamment en améliorant la transparence.

Reste le problème de l'endettement du pays, évalué à environ 70 milliards de dollars. Sur ce point, "la France a réitéré son offre d'accueillir une conférence de haut niveau lançant le processus d'allègement de la dette et permettant la pleine réintégration du Soudan dans la communauté économique internationale", souligne le communiqué final. La Banque mondiale va également annuler une petite partie de ses créances.

Alléger la dette

Selon la déclaration finale de la conférence, les pays signataires et le Soudan sont convenus de "fermement fonder (l'aide financière) sur la poursuite des progrès vers l'établissement d'un système politique démocratique et civil". "Un Soudan prospère et démocratique constituera un pilier important de la stabilité dans la région", ont-ils affirmé.

Pour leur part, les Etats-Unis vont contribuer à hauteur de 356,2 millions de dollars à l'aide annoncée le 25 juin. Même si par ailleurs Khartoum est toujours sur la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme, ce qui bloque tant les investissements étrangers que les aides internationales et complique les importations.