Une centaine de Tunisiens kidnappés en Libye

Entre 80 et 100 travailleurs tunisiens ont été enlevés lundi à Zaouïa, en Libye, par "une unité révolutionnaire libyenne", selon la Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme.

Sur la place principale de Zaouïa (Libye), la ville où ont eu lieu les enlèvements de Tunisiens le 17 avril 2012.
Sur la place principale de Zaouïa (Libye), la ville où ont eu lieu les enlèvements de Tunisiens le 17 avril 2012. (BOB STRONG / REUTERS)

C'est le plus gros enlèvement commis dans la région depuis plusieurs années. Une centaine de Tunisiens ont été enlevés par un groupe de Libyens armés à Zaouïa, ville côtière libyenne située à 50 km à l'ouest de la capitale Tripoli, ont annoncé, mardi 17 avril, la Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme (LTDH) et le ministère des Affaires étrangères. La LTDH accuse "une unité révolutionnaire libyenne" de les avoir enlevés pour "réclamer la libération de quatre Libyens détenus en Tunisie", selon Lassad Jamoussi, président de la LTDH à Sfax (Tunisie).

Le groupe d'otages est composé de 20 personnes engagées par une société de travaux publics pour le compte d'une compagnie pétrolière et de 80 autres travailleurs divers dans la région de Zaouïa, a précisé Lassad Jamoussi, citant des informations communiquées par un ingénieur tunisien présent sur place. Auparavant, le ministère tunisien des Affaires étrangères avait annoncé le rapt, lundi soir, de 80 Tunisiens par un groupe de Libyens armés dans une zone frontalière tuniso-libyenne, sans préciser le lieu, ni les circonstances de leur enlèvement. "Il s'agit du même groupe, ils sont 80 selon nos indications", a précisé Taoufik Hnana, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Appel au calme"

"Ils ont été capturés et conduits sur la base militaire de leurs ravisseurs, mais grâce à une médiation de leur employeur, le groupe a passé la nuit dans un campement de la compagnie où ils ont été ramenés sous bonne garde", a poursuivi Lassa Jamoussi. Selon lui, les otages se trouvent dans "des conditions normales, ils n'ont été ni agressés ni malmenés". Le chef des ravisseurs serait le frère d'un Libyen interpellé en Tunisie avec trois autres hommes et soupçonnés de trafic de drogue et d'armes "éventuellement", selon la LTDH.  

A Sfax, ville tunisienne proche de la frontière libyenne, la radio a lancé un "appel au calme" et la Ligue a dépêché des militants dans la région de Skhira, où des parents de Tunisiens pris en otage auraient tenté de bloquer la route à des voyageurs libyens. "Ça va mal, mais il faut garder la tête froide, car il y va des relations fraternelles entre la Tunisie et la Libye. Nous devons éviter des réactions en chaîne", tempère Lassad Jamoussi.