"Dialogues", une exposition en ligne d’œuvres d’artistes influencés par l’Afrique

Malgré le coronavirus, la galerie d’art contemporain Afikaris présente sa nouvelle exposition "Dialogues, techniques mixtes sur papier".

Cette exposition virtuelle à découvrir en ligne jusqu’au 27 avril, propose les dessins figuratifs de cinq artistes : Bruce Clarke, Saïdou Dicko, Salifou Lindou, Onyis Martin et Hyacinthe Ouattara.

Née en 2018, la galerie parisienne Afikaris met avant des artistes émergents et de renommée. L’Afrique est au cœur de leur vie et de leur travail.

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" L’homme économique". Bruce Clarke est né en 1959 à Londres de parents originaires d'Afrique du Sud. Il se réclame d’un art engagé et ne veut pas que ses œuvres soient simplement décoratives. Longtemps militant anti-apartheid, il cherche à informer, à porter un regard sur le monde. En 1994, il se rend au Rwanda où vient d’avoir lieu le génocide des Tutsis. Il a toujours voulu intégrer son engagement politique dans sa recherche plastique et participe à des projets culturels en Afrique. "C’est un travail engagé, mais j'essaye de garder une distance avec les sujets, de ne pas rendre la critique trop évidente. Je veux que le public se questionne avant tout. Je ne suis pas là pour illustrer une idée mais pour inciter à réfléchir", déclare l’artiste dans un entretien à Afikaris.    BRUCE CLARKE - AFIKARIS
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"La pyramide". Saïdou Dicko est un artiste plasticien autodidacte (photographe, vidéaste, peintre) né en 1979 au Burkina Faso. Issu d'une famille de bergers peuls, il apprend à dessiner en regardant les ombres des moutons sur le sol. Depuis, l’ombre est restée présente dans l’ensemble de son travail.  Quelques mois après ses débuts photographiques en 2005, il présente sa première exposition "Voleur d’ombres" dans le Off de la biennale de Dakar et remporte le premier prix. Depuis, son travail a été couronné par de nombreuses récompenses. En 2012, il cofonde le collectif Rendez-vous d’artistes, une plateforme nomade qui permet de rencontrer les différents acteurs de l'art. Depuis 2013, il travaille aussi comme commissaire d'exposition et scénographe, notamment au Maroc avec Arkane Africa.    SAIDOU DICKO - AFIKARIS
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"L’exode et la famille". Salifou Lindou est né en 1965 au Cameroun. Ses œuvres sont créées en  mélangeant divers matériaux (tôle, cuir, acier, papier…), mais comme il le précise : "Depuis une dizaine d’années, je suis revenu au dessin et au papier. C’était comme une évidence. Je voulais réapprivoiser les codes et les principes d’une technique naturellement plus académique et m’essayer de nouveau à la figuration et la représentation des scènes de vie." "Ses dessins montrent des silhouettes fortes, mais fragiles en même temps, dans des univers chaotiques où l’homme libère ses pulsions, conjure son angoisse, décharge son agressivité, c’est pleinement humain", ajoute l’historienne d'art, Ruth Belinga. Son travail est reconnu tant sur le plan national, qu’international.  SALIFOU LINDOU – AFIKARIS
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"Rising up #1" et "Multiple personalities". Onyis Martin est né en 1987 au Kenya. A travers ses œuvres réalisées principalement à l'encre et l'eau, il explore la condition humaine et l'interface géopolitique mondiale (traite des êtres humains, migration, corruption, technologie, consumérisme...). Au sujet des hommes qu’il dessine dans ses œuvres, il déclare à Afikaris : "Je suis ces hommes noirs qui essayent de survivre dans un environnement dominé par l'homme blanc. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle mes arrière-plans sont tout blancs. En supprimant l'arrière-plan, je représente un homme qui essaie de trouver son chemin dans un endroit qu'il ne reconnaît pas. Comme je suis un homme, je ne peux bien parler que du sexe masculin. Je m’assure d’interpréter correctement les sentiments des gens que je représente." Son travail a été récompensé de nombreuses fois.  ONYIS MARTIN – AFIKARIS
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"Cartographies humaines #2". Hyacinthe Ouattara est un artiste autodidacte né en 1981 au Burkina Faso.  Sculpteur, peintre, performer et dessinateur, il mélange plusieurs techniques (encre, pastel et stylo à bille) afin de rendre la diversité de textures et de formes. Dans "Cartographies humaines" il imagine une représentation des tissus cellulaires. Il a aussi travaillé sur l’organique sous forme de sculptures textiles torsadées. Il précise : "Je mets tout ça dans un contexte inclassable et immatériel. On peut dessiner avec du fil. Perforer du papier est également une façon de dessiner. L’acte de dessiner est un rapport spontané à la gestuelle. C’est saisir l'émotion de l’instant qui m’intéresse." HYACINTHE OUATTARA - AFIKARIS