L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo libéré sous conditions

L'ancien président ivoirien sera dans l'obligation de résider dans un Etat membre de La Cour pénale internationale.

L\'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, le 15 anvier 2019, à La Haye (Pays-Bas).
L'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, le 15 anvier 2019, à La Haye (Pays-Bas). (PETER DEJONG / ANP / AFP)

La Cour pénale internationale (CPI) a libéré sous conditions l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. Une décision prise vendredi 1er février, à la suite de son retentissant acquittement il y a deux semaines de crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 lors de violences post-électorales en Côte d'Ivoire. "Il est impossible de limiter la liberté d'une personne innocente", a répété à maintes reprises l'avocat de Laurent Gbagbo.

"La Chambre d'appel a décidé à l'unanimité l'ajout d'un ensemble de conditions qui assortissent la mise en liberté" de Laurent Gbagbo, dont l'obligation de résider dans un Etat membre de la CPI en attendant un éventuel procès en appel, a déclaré le juge président de la CPI. Dans leur décision, dernier épisode en date d'un feuilleton judiciaire qui tient en haleine la Côte d'Ivoire, les juges n'ont pas précisé le nom du pays qui accueillerait Laurent Gbagbo, ni si un retour de l'ancien président dans son pays était envisageable.

En détention depuis plus de sept ans

La Côte d'Ivoire est bien un des Etats membres de la Cour. Toutefois, ce pays a refusé de remettre à la CPI Simone Gbagbo, épouse de l'ancien président, malgré un mandat d'arrêt délivré en ce sens. La Cour, qui siège à La Haye (Pays-Bas), pourrait donc refuser le retour de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire dans l'attente d'un éventuel procès en appel.

En détention depuis plus de sept ans à La Haye, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences avaient fait plus de 3 000 morts en cinq mois.