Comment la Côte d'Ivoire fait face à la menace terroriste à ses frontières

Le nord du pays a été frappé plus d'une fois depuis 2020.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Des soldats ivoriens lors de l'inauguration de l'Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) à Jacqueville, en Côte d'Ivoire, le 10 juin 2021. (ISSOUF SANOGO / AFP)

Déploiement militaire accru dans le Nord, opérations conjointes avec les pays voisins, centre de lutte contre le terrorisme… La Côte d'Ivoire multiplie les mesures pour éviter l’implantation de bases jihadistes et les actions terroristes dans une région déjà prise pour cible.

Situation sous haute surveillance

Le nord de la Côte d'Ivoire, visé depuis 2020 par plusieurs attaques de jihadistes présumés, est "sous contrôle", selon Lassina Doumbia. Le chef d'état-major des armées met en avant des "opérations conjointes" avec les pays frontaliers. La présence militaire ivoirienne a également été renforcée dans la zone Est. Depuis les menaces d’attaques jihadistes en 2020, une base militaire a été installée dans la ville de Tengrela près de frontière avec le Mali. Une zone sous étroite surveillance et qui semble pour l’heure relativement épargnée.

La vigilance est de mise aussi du côté de la frontière avec le Burkina Faso. C’est là que plusieurs soldats et gendarmes ivoiriens ont été pris pour cible ces derniers mois, notamment à Kafolo où 14 soldats avaient été tués en juin 2020. La région est située près du parc de la Comoé, une immense forêt qui sert de base arrière pour des groupes jihadistes, selon des sources sécuritaires.

"Aujourd'hui, le Burkina Faso et le Mali constituent l'épicentre de la menace terroriste qui descends vers la Côte d'Ivoire. Le gouvernement a tout intérêt à collaborer avec ces Etats."

Lassina Diarra, expert antiterroriste ivoirien

à l'AFP

La Côte d'Ivoire, pays d'Afrique de l'Ouest qui partage des frontières au Nord avec le Mali et le Burkina Faso.
 (GOOGLE MAPS)

Des projets de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme

Des opérations militaires conjointes ont déjà lieu sur le terrain, mais ce n’est pas tout. Abidjan compte sur les projets soutenus par ses partenaires occidentaux pour faire face à la menace terroriste. La France a, par exemple, participé activement à la mise en place d’un centre spécialisé pour former des militaires, des policiers, des gendarmes et des magistrats à lutter contre le terrorisme. L’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) basée à Jacqueville près d’Abidjan a déjà formé 500 personnes. Un autre projet américain baptisé Résilience pour la paix a été lancé récemment en vue de sensibiliser les communautés de la région frontalière, notamment les jeunes, et les impliquer davantage dans la lutte contre le terrorisme. Plus de 19 millions de dollars seront débloqués sur cinq ans pour ce programme.

Malgré toutes ces mesures, les experts de la lutte antiterroriste insistent d’abord et surtout sur les projets de développement dans les régions les plus pauvres et la consolidation de la confiance dans l’Etat et ses structures pour éviter l’implantation des groupes jihadistes au sein de la population. "Des terroristes qui évoluent sur des dynamiques sociales et sur les carences structurelles de l'Etat", comme le rappelle à l’AFP l'expert ivoirien Lassina Diarra, auteur de Terrorisme international, la réponse de la Côte d'Ivoire.

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