Centrafrique : le pouvoir annonce l'arrivée de soldats rwandais et russes pour sécuriser l'élection présidentielle, la Russie dément

Le gouvernement centrafricain a présenté ces renforts comme un moyen de stopper une offensive de groupes rebelles, qu'il qualifie de "tentative de coup d'Etat", avant le scrutin de dimanche.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des supporters arrivent pour assister à un rassemblement électoral organisé par le président de la République centrafricaine, au stade de Bangui, le 19 décembre 2020. (ALEXIS HUGUET / AFP)

La Centrafrique a annoncé lundi 21 décembre que l'envoi dans le pays de soldats par le Rwanda et la Russie, en réponse à une offensive de groupes rebelles qualifiée de "tentative de coup d'Etat" par le gouvernement centrafricain, et qui menace les élections présidentielle et législatives prévues dimanche. Mais la Russie a démenti cette annonce quelques heures plus tard.

"Nous n'envoyons pas de troupes, nous respectons toutes les exigences des résolutions de l'ONU", a affirmé Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, cité par l'agence de presse Interfax. 

"Nous avons naturellement des gens là-bas, a-t-il tout de même précisé, en vertu de nos accords avec le gouvernement centrafricain, de nos accords sur la formation de cadres et le travail de nos instructeurs". Des gardes privés employés par des sociétés russes de sécurité assurent par ailleurs déjà la protection rapprochée du président Faustin Archange Touadéra.

Le porte-parole du gouvernement centrafricain avait fait état de l'envoi de "plusieurs centaines" de soldats russes et d'équipements lourds dans le cadre d'un accord de coopération bilatérale, sans préciser leur nombre exact ni la date de leur arrivée.

Un contexte très tendu

Dans ce pays très instable, marqué par une sanglante guerre civile, des groupes armés occupent plus des deux tiers du pays. Trois des plus puissants d'entre eux ont attaqué, vendredi, des axes routiers vitaux pour l'approvisionnement de la capitale, Bangui, et ont annoncé leur alliance.

Dans la foulée, le gouvernement a accusé samedi l'ex-chef de l'Etat François Bozizé de "tentative de coup d'Etat" avec une "intention manifeste de marcher avec ses hommes sur la ville de Bangui" pendant que les élections de dimanche se préparent dans tout le pays.

Moscou reconnaît une "sérieuse inquiétude"

"Les informations en provenance de ce pays suscitent une sérieuse inquiétude", a pour sa part déclaré, lundi à la presse, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, sans toutefois confirmer l'arrivée de renforts russes.

"Les Rwandais ont également envoyé plusieurs centaines d'hommes qui sont déjà sur le terrain et ont déjà commencé à combattre", a ajouté Maxime Kazagui, confirmant une information de Kigali. "Le déploiement est en réponse au ciblage du contingent des Forces de défense du Rwanda (RDF) sous la force de maintien de la paix de l'ONU par les rebelles soutenus par [l'ancien président] François Bozizé", a souligné dans la nuit le ministère rwandais de la défense dans un communiqué.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.