Après sa mise en examen pour "corruption", Vincent Bolloré se dit victime des préjugés contre l'Afrique

Dans une tribune publiée par "Le Journal du dimanche", l'industriel revient sur ses déboires judiciaires.

L\'industriel Vincent Bolloré, le 26 juin 2017 à Paris.
L'industriel Vincent Bolloré, le 26 juin 2017 à Paris. (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)

Il sort de son silence. Dans une tribune publiée dimanche 29 avril par Le Journal du dimanche, Vincent Bolloré, mis en examen pour "corruption" dans une enquête sur les conditions de l'attribution de concessions portuaires en Guinée et au Togo, a affirmé que ces soupçons se nourrissaient de la perception, fausse selon lui, d'une Afrique "terre de non-gouvernance". Son groupe est soupçonné d'avoir utilisé les activités de conseil politique de l'agence Havas – qu'il contrôle – pour décrocher des contrats de gestion des ports de Lomé au Togo et de Conakry en Guinée.

Sans commenter directement les faits qui lui sont reprochés, l'industriel breton demande cependant : "Comment imaginer que des dépenses de communication de quelques centaines de milliers d'euros comptabilisées en toute transparence (...), aient déterminé des investissements de centaines de millions d'euros pour des opérations portuaires où l'exigence technique est considérable, et obtenus à l'occasion d'appels d'offres internationaux."

"Faut-il abandonner l'Afrique ?"

Il affirme que ces appels d'offres ont été en outre "réalisés dans un cas, deux ans, dans l'autre, neuf ans avant les élections" d'Alpha Condé en Guinée et de Faure Gnassingbé au Togo en 2010. Il déplore aussi qu'"en raison de campagnes véhiculant des informations fausses ou malveillantes", le continent africain, où son groupe a investi "près de quatre milliards d'euros et a contribué à (...) créer énormément d'emplois", soit "appréhendé comme une terre de non-gouvernance, voire de corruption".

"J'ai réalisé au cours de ces derniers jours que ce que nous faisions en toute bonne foi depuis longtemps, vu à travers le prisme d'un continent africain considéré comme dirigé par des équipes sans foi ni loi était le terreau d'une suspicion légitime", développe-t-il, assurant poser "sérieusement" la question : "Faut-il abandonner l'Afrique ?" Le continent représente environ 20% de l'activité du groupe Bolloré, hors intégration récente du géant des médias Vivendi.