Soupçons de corruption en Afrique : trois questions sur la mise en examen de Vincent Bolloré

Le milliardaire est soupçonné d'avoir obtenu les concessions des ports de Conakry et de Lomé, en Afrique, en contrepartie de services rendus aux dirigeants locaux, via sa filiale de communication Havas.

Vincent Bolloré, le 24 juin 2014 à Paris.
Vincent Bolloré, le 24 juin 2014 à Paris. (ERIC PIERMONT / AFP)

Le groupe Bolloré dans la tourmente. Mercredi 25 avril, les juges Serge Tournaire et Aude Buresi ont mis en examen Vincent Bolloré pour corruption d'agent public étranger, complicité d'abus de confiance et de faux et usage de faux. Il a quitté le pôle financier du TGI de Paris sans être soumis aux obligations d'un contrôle judiciaire. Franceinfo fait le point sur les soupçons de corruption en Afrique qui pèsent sur l'homme d'affaires.

1Que reproche-t-on à Vincent Bolloré ?

Le milliardaire est soupçonné d'avoir obtenu les concessions des ports de Conakry et de Lomé, en Afrique, en contrepartie de services rendus aux dirigeants locaux, via sa filiale de communication Havas.

En effet, l'une des filiales du groupe Bolloré, SDV, a obtenu la gestion du port de Conakry (Guinée) quelques mois après l'élection d'Alpha Condé fin 2010, et avait remporté la concession à Lomé (Togo) peu avant la réélection en 2010 de Faure Gnassingbé, qui étaient alors tous deux conseillés par Havas.

S'appuyant en particulier sur les documents retrouvés lors des perquisitions de 2016 au siège du groupe Bolloré, les magistrats soupçonnent Havas d'avoir sous-facturé ses services rendus aux deux candidats victorieux pour obtenir, en contrepartie, la gestion des concessions portuaires, selon Le Monde.

2Quelle est sa défense ?

Le groupe Bolloré nie en bloc toute accusation de corruption. "Les concessions obtenues au Togo l'ont été en 2001, bien avant l'entrée du groupe dans Havas, et en Guinée, en 2011, à la suite de la défaillance du n°1 (le groupe étant arrivé en seconde position lors de cet appel d'offres), défaillance constatée avant l'élection du président", a fait valoir le groupe.

"Vincent Bolloré qui reste présumé innocent pourra avoir enfin accès à ce dossier dont il n'a jamais eu connaissance et répondre à ces accusations infondées", a aussi déclaré son porte-parole dans un communiqué

3Quelles sont les autres personnes soupçonnées ?

Gilles Alix, directeur général du groupe Bolloré, a lui aussi été mis en examen pour corruption d'agent public étranger, complicité d'abus de confiance et de faux et usage de faux. Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international de Havas Paris, a été lui placé sous le statut de témoin assisté pour corruption d'agent public étranger, et mis en examen pour abus de confiance et de faux et usage de faux.

Un quatrième homme placé en garde à vue mardi à leurs côtés, l'entrepreneur Francis Perez, a, lui, été remis en liberté mercredi vers 14 heures sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui, a annoncé son avocat, Me Jean-Robert Phung.