L’Algérie opte pour le vaccin russe Spoutnik V dans l'espoir de vacciner au plus tôt la population

Alger a débloqué un premier budget pour l'acquisition de 500 000 doses du Spoutnik V, mais les autorités espèrent rapidement fabriquer le vaccin russe en Algérie.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Le 28 décembre 2020 à l'hôpital de Boumerdès, où sont soignés les malades diagnostiqués positifs au Covid-19 de la province. L'Algérie se prépare à recevoir le vaccin russe Spoutnik V.  (Mousaab Rouibi / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP)

Alors que le monde se livre à une course effrénée au vaccin, l’Algérie, vieille alliée de Moscou, a obtenu la promesse d’un premier lot de 500 000 doses du Spoutnik V. Aucune date de livraison n’a encore été avancée, mais Alger espère commencer la campagne de vaccination courant janvier 2021. Partie en retard, Alger aurait du mal à se fournir en vaccins, y compris en Chine. 

500 000 doses du vaccin russe, c'est évidemment très insuffisant pour les 43 millions d'Algériens, mais le Directeur général du budget au ministère des Finances, Abdelaziz Fayed, a précisé que le budget pour l'acquisition du vaccin pourrait être multiplié par 12 pour atteindre 122 millions d'euros.

Dès décembre 2020, sous l'injonction du président Tebboune (alors hospitalisé à Berlin), "l'Institut Pasteur d'Algérie a initié une série de discussions avec la société russe qui produit le vaccin Spoutnik V, alors que des pourparlers se poursuivent avec d'autres parties étrangères", annonçait le 30 décembre 2020 le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Ammar Belhimer. Ce qui laisse la porte ouverte à l'acquisition d'autres vaccins, notamment chinois, choisis par ses voisins marocain et égyptien.

En attendant une production locale

Selon les médias algériens, le vaccin russe (classique dans sa conception et sa fabrication) présente peu de contraintes logistiques et un prix avantageux (moins de 10 dollars la dose), alors qu'il sera distribué gratuitement. Mais au-delà de ces avantages, c'est la possibilité de fabriquer le vaccin en Algérie qui semble intéresser les autorités.  

Le 8 décembre dernier, l'ambassadeur russe à Alger, Igor Beliaev, affirmait que son pays était "prêt à coopérer avec l'Algérie pour lancer la production au niveau local" du vaccin Spoutnik V.  Lors de la session de l'ONU consacrée à la présentation de Spoutnik V début décembre, le ministre russe de la Santé, Mikhaïl Mourachko, avait exprimé le souhait de son pays de produire ce vaccin dans 55 pays, dont l'Algérie, l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Corée du Nord, l'Inde, l'Ouzbékistan, le Qatar, Singapour, la Syrie, le Tadjikistan et la Thaïlande. 

Un vaccin pas encore validé par l'OMS

Le vaccin russe avait été très critiqué, notamment par des scientifiques occidentaux, pour son annonce jugée prématurée avant même les essais cliniques de masse et la publication de résultats scientifiques. Ses développeurs affirment aujourd'hui qu'il est efficace à plus de 90%. Avant l'Algérie, c'est l’Argentine et la Guinée qui ont commencé à vacciner avec le Spoutnik V. Conakry a commandé deux millions de doses de ce vaccin russe.

En Algérie, le nombre de contaminations au Covid-19 approche les 102 000 cas, dont  2 786 décès, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Comme ailleurs, la question du vaccin est d'autant plus vitale que le personnel hospitalier est épuisé et que le pouvoir algérien aspire à sortir le plus rapidement possible de la crise sanitaire. 

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