"Je vais y croire une fois que je serai dans mon pays natal" : à Paris, les vols vers l'Algérie pris d'assaut

Après 15 mois de fermeture, l'Algérie assouplit les conditions d'entrée sur son sol de ses ressortissants bloqués à l'étranger en raison de l'épidémie de Covid-19. La compagnie Air Algérie propose à nouveau des vols depuis mardi à raison de deux départs par semaine depuis Paris. Pas suffisant pour les nombreux voyageurs.

Article rédigé par
Morgane Guiomard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Amel, Algérienne de 38 ans, s'apprête à rentrer à Alger, le 1er juin 2021.
 (MORGANE GUIOMARD / RADIO FRANCE)

Trois heures avant le départ pour l'Algérie, Amel attend dans l'aéroport d'Orly avec ses deux valises noires. Cette Algérienne de 38 ans est bloquée à Paris depuis trois mois à cause de la pandémie de Covid-19.

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Amel a réservé son vol sur le site d'Air Algérie dès l'ouverture de la billetterie, dimanche 30 mai. "Je suis très heureuse, après je vais y croire une fois que je serai dans mon pays natal, confie-t-elle. C'était très, très dur. J'ai laissé ma vie en Algérie, notamment ma famille. Je suis partie carrément en pleurant parce que j'avais peur de ne pas retrouver mes parents, mais je sais qu'il y a des gens qui ont vraiment, vraiment souffert."

"Sincèrement, je suis heureuse de prendre le vol aujourd'hui, mais je serai encore plus heureuse quand tous mes frères et sœurs algériens auront la même chance que moi."

Amel, Algérienne bloquée à Paris

à franceinfo

Un trajet qui plus est compliqué : avec test PCR de moins de 36 heures et quarantaine dans un des hôtels sélectionnés par les autorités, aux frais du passager. Pour Amel, le billet d'avion vers Alger a coûté 770 euros, dont 252 de frais pour les cinq nuits de quarantaine à l'hôtel.

La file d'attente pour l'enregistrement aux comptoirs d'Air Algérie, à l'aéroport d'Orly à Paris, le 1er juin 2021. (MORGANE GUIOMARD / RADIO FRANCE)

Baisse des frais d'hébergement de 20%

Devant le tollé suscité par ces mesures, le président Abdelmadjid Tebboune a décidé dimanche 30 mai, lors de la réunion du Conseil des ministres, de "dispenser les étudiants et les personnes âgées à faible revenu parmi les Algériens de retour au pays de payer les frais d'hébergement relatifs à l'isolement", mais aussi de "baisser les frais d'hébergement de 20% pour les Algériens de retour au pays."

Malgré cela, Réda, 42 ans, rentre voir ses parents et trouve ça inadmissible. "Avec le prix qu'on a payé, on peut faire le tour du monde, lâche-t-il. À 9 heures du matin, j'ai acheté mon billet, deux minutes après, j'ai voulu réserver pour un ami, l'avion était complet ! Deux minutes !"

"On achète les billets le matin, on paye le pack avec l'hôtel et tout, le président sort le soir et dit 'réduction de 20% sur les hôtels'. Comment vont-ils nous rembourser ?"

Réda, Algérien

à franceinfo

Sans même parler de se faire rembourser, d'autres candidats au voyage n'ont pas réussi à acheter de billet. C'est le cas de Mokhtar qui est venu de Normandie pour essayer de partir quand même. Cet algérien de 56 ans a été refusé à l'entrée de l'aéroport. "J'essaye de téléphoner, ça ne sonne pas, par internet, rien du tout, déplore-t-il. Je suis venu ici pour voir Air Algérie, mais ils ne me laissent pas donc c'est trop tard là..." Quelques places ont été trouvées à la dernière minute pour les personnes qui ont perdu un proche.

Les vols vers Alger pris d'assaut par les Algériens depuis Paris - Reportage de Morgane Guiomard
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